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mercredi 5 avril 2017

PAS BONNES A CROQUER ! L’ARUM ET LA CHELIDOINE: deux plantes toxiques de saison.

L’ARUM TACHETE. Arum maculatum
          Gouet, pied de veau, gouet maculé
          Famille des aracées

Habitat : forêts alluviales et à humus doux, haies, plante nitrophile.
Description : plante vivace de 25-40 cm, glabre, remarquable par son feuillage, sa floraison et ses fruits.


Feuilles : partant toutes de la base de la plante, longuement pétiolées, engainantes à la base, à limbe en forme de fer de flèche à 2 oreillettes triangulaires écartées, aiguës au sommet, luisantes, vertes, parfois maculées de brun, caoutchouteuses au toucher.
Fleurs : minuscules, les mâles et les femelles disposées séparément en deux groupes denses, l’un au-dessus de l’autre, à la base de la tige (spadice) renflée au sommet en une massue rouge violacé et entourée d’une large feuille enroulée en cornet appelée spathe, d’un vert jaunâtre parfois violacé ; l’inflorescence termine la tige unique partant du centre des feuilles.
Floraison : avril, mai.
Fruits : baies d’abord vertes puis rouges luisantes à maturité, globuleuses, réunies en un épi compact au sommet de la tige.
Spadice, spathe puis feuilles se fanent après la floraison.
Partie souterraine : tige souterraine courte, épaissie en un gros tubercule oblong. Ce rhizome bulbeux porte les racines et les bourgeons qui donneront des tiges à la saison prochaine dès les premiers jours de printemps.
Principaux caractères d’identification : feuilles luisantes, en fer de flèche, toucher caoutchouteux, aspect de l’inflorescence, épi compact de fruits rouges au sommet de la tige.
Culture : l’arum est cultivé comme plante ornementale. Sous les tropiques poussent des espèces souvent géantes et d’aspect diabolique.
Autres espèces du genre en Europe : 7 dont 3 en France, 1 en Suisse et 1 en Belgique. L’arum d’Italie (arum italicum) se rencontre dans le midi, l’ouest et le centre de la France.
Tous les arums sont toxiques.
Confusions possibles : Il arrive que l’on confonde l’arum et le chénopode bon-henri ou épinard sauvage qui est un excellent comestible, mais les feuilles de ce dernier sont couvertes en-dessous, d’une poussière farineuse caractéristique qui devrait éviter la confusion. Nous aborderons cette plante très bientôt.
Les baies rouges ne peuvent être confondues avec aucun comestible mais elles sont tentantes pour les enfants.
Toxicité : Les différentes espèces d’arum sont extrêmement irritantes et rubéfiantes. Le contact de leur suc avec les muqueuses ou les yeux est dangereux.
L’ingestion d’une partie de la plante peut provoquer un œdème de la gorge pouvant entraîner la mort par asphyxie. En général, leur saveur âcre qui se manifeste très rapidement empêchera d’en goûter plus qu’une bouchée.
Par contre, les fruits, d’un beau rouge corail à maturité sont un peu sucrés et se montrent attirants pour les enfants. Or, ils sont très irritants et produisent des troubles digestifs, nerveux et cardiaques parfois mortels.
Composition : les arums renferment de minuscules raphides d’oxalate de calcium, extrêmement irritant ainsi qu’une essence âcre.
Les fruits sont très riches en saponines responsable de leur toxicité. Les animaux eux-mêmes ne les consomment pas.

Utilisations : on s’est servi, autrefois, de la fécule des rhizomes pour amidonner le linge et on dit que dans les temps de grande famine, on a consommé les rhizomes après les avoir fait dégorger à l’eau courante et bouillis longuement dans plusieurs eaux pour diminuer leur âcreté et en extraire une abondante fécule.

LA CHELIDOINE. Chélidonium majus
         Grande éclaire, herbe-aux verrues, éclaire, herbe-à cors.
          Famille des papavéracées.
Habitat : Plante rudérale, décombres, vieux murs.
Description : feuillage découpé, à odeur assez désagréable et dont toutes les parties laissent s’écouler à la cassure un suc jaune ou orangé caractéristique.


Tige : dressée, rameuse, fragile, velue.
Feuilles : alternes, amples, molles, composées de 5-7 segments ovales bordés de lobes arrondis, d’un vert glauque en-dessous.
Fleurs : petites, enveloppées de 2 sépales tombant à la floraison, à 4 pétales jaunes, rapidement caducs et à étamines nombreuses, réunies en ombelles simples, lâches, à pédoncules inégaux.
Floraison : avril à octobre.
Fruits : longues capsules linéaires (3-4 cm de long), glabres, bosselées par les graines qui sont rangées sur une membrane centrale.
Principaux caractères d’identification : habitat, latex jaune, feuillage ample et découpé, fleurs à 4 pétales jaunes.
Autres espèces du genre en Europe : aucune.
Toxicité : le latex jaune de la plante est irritant, en particulier pour les muqueuses. L’ingestion des feuilles fraîches a parfois produit de graves troubles digestifs, nerveux et cardiaques. La racine serait particulièrement toxique.      
Composition : la plante contient plusieurs alcaloïdes (chélidonine, sanguinarine, chélérytrine, berbérine, protopine…)
Propriétés médicinales : la chélidoine a été utilisée comme antispasmodique, analgésique, diurétique et cholérétique. On l’utilise encore couramment en application sur les verrues.
Elle a aussi été utilisée pour soigner les troubles de la vue : la chélidoine porte d’ailleurs le nom d’éclaire, de grande éclaire à cause de ses propriétés ophtalmiques.
Pour tout ce qui est médical, consulter des spécialistes qui prescriront des remèdes adéquats.
PAS D’AUTO-MEDICATION.
Il n’y a donc aucune recette à proposer car je tiens à vous retrouver toujours plus nombreux. 

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