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mardi 23 avril 2019

CREPIS et PORCELLE

Continuons l'exploration des "mauvaises herbes" de notre proche environnement.

1. CREPIS VERDATRE.  ou crépide


Description : plante annuelle de 15 à 80 cm, à rosette développée, ressemblant superficiellement à un pissenlit.

Tige : dressée, striée, glabre, rameuse.
Feuilles : la plupart réunies en rosette basale, allongées, à lobes aigus munis de dents éparses, avec un segment terminal plus grand. Feuilles caulinaires devenant entières vers le sommet, sessiles. A peu près glabres, d'un vert clair.
Fleurs : toutes ligulées, jaunes, souvent tachées de pourpre en dessous, réunies en capitules à involucre pubescent.
Floraison : juin à septembre.
Fruits : akènes verdâtres munis de 10 côtes très fines et d'une aigrette à soies non plumeuses.
Partie souterraine : racine principale développée.
Principaux caractères d'identification : feuilles à la fois en rosette basale et sur la tige qui est rameuse, aigrettes des fruits non plumeuses. Identifier la plante à ses feuilles seules, sans la hampe florale est plus délicat. Le fait qu'elles soient glabres et divisées en lobes aigus constitue le principal caractère.
Autres espèces du genre en Europe : 69 dont 24 en France, 20 en Suisse et 8 en Belgique, difficiles à distinguer les unes des autres.
Confusions possibles : avec les autres crépis (akènes souvent nécessaires pour l'identification des espèces), avec d'autres composées à feuilles glabres telle la porcelle glabre, le liondent d'automne et même le pissenlit lorsque la hampe florale n'est pas développée.
Ces confusions seraient sans danger car toutes les composées de « type pissenlit », à fleurs ligulées sont comestibles.
Utilisations alimentaires : quelques feuilles ajoutées aux salades y apportent une amertume qui peut être agréable. 
Pour consommer en quantité les feuilles du crépis verdâtre, il vaut mieux les faire cuire dans 1 ou 2 eaux pour en éliminer l'amertume qui autrement serait trop forte pour la plupart des palais.
Les jeunes rosettes d'autres espèces sont ramassées dans le midi de la France comme salade de printemps.
Pour des idées recettes de crépis puisez dans les recettes du pissenlit mais utilisez de préférence des jeunes feuilles et des jeunes pousses pour éviter une trop forte amertume.
Cueillette : feuilles, mars-juin. Il est préférable de ramasser les feuilles lorsqu'elles sont toutes en rosette, avant le développement de la hampe florale.
Habitat : champs, prés, bois. Toute la France, Suisse, Belgique, toute l'Europe.



PORCELLE GLABRE.
Description : plante annuelle de 10-40 cm, à feuilles en rosette ressemblant superficiellement à un pissenlit.

Tige : dressée, simple ou rameuse, glabre, nue.
Feuilles : toutes en rosettes, oblongues, bordées de dents ou de lobes aigus, glabres ou ciliées.
Fleurs : toutes ligulées, jaunes, réunies en capitules à involucre glabre.
Fruits : akènes allongés, certains munis d'un bec, à aigrette de soies plumeuse.
Partie souterraine : racine pivotante grêle.
Principaux caractères d'identification : Feuilles en rosette basale, tige rameuse, capitules jaunes, aigrettes plumeuses. Avant que les tiges ne se développent, le seul repère est fourni par les feuilles, glabres ou ciliées et à dents ou lobes pointus.
Autres espèces du genre en Europe : 9 dont 4 en France, 3 en Suisse et 2 en Belgique. Il s'agit principalement de la porcelle tachetée et de la porcelle enracinée, toutes deux comestibles mais moins bonnes.
Confusions possibles : avec les porcelles précitées, plantes vivaces à feuilles velues, ou avec d'autres composées liguliformes, en particulier le liondent d'automne, le crépis verdâtre voire même le pissenlit lorsque leur hampe florale n'est pas développée.
Avec d'autres composées, la combinaison feuilles glabres ou ciliées, bordées de dents aiguës, tige rameuse et aigrette plumeuse limitera les confusions. Elles seraient d'ailleurs sans danger car toutes les composées du type « pissenlit », à fleurs toutes ligulées sont comestibles mais parfois amères.
Utilisations alimentaires : les jeunes feuilles forment de bonnes salades printanières. On peut aussi les faire cuire comme légume et si l'âge leur donner trop d'amertume, il faudra les faire bouillir dans 1 ou 2 eaux. Les autres espèces sont consommées de la même façon.
Pour des idées recettes de porcelle puisez dans les recettes du pissenlit mais utilisez de préférence des jeunes feuilles et des jeunes pousses pour éviter une trop forte amertume.
Cueillette : rosettes de feuilles, de l'automne au printemps. Il est préférable de ramasser les feuilles avant le développement de la hampe florale.

Pour conclure je vous propose quelques nouvelles recettes que vous trouverez en cliquant sur les liens ci-dessous :

Orties : pâte à tartiner

             sablés aux orties
             galettes roulées au pesto d'orties
Plantain : terrine forestière au plantain
Pissenlit : tatin de pissenlits aux tomates séchées
Tussilage : chapatis aux feuilles de tussilage.


Actuellement, ne vous privez pas d'utiliser l'ail des ours
                                                                      les fleurs de prunelier
                                                                      le plantain
                                                                      les orties

                                                                      les pissenlits et ses amis.

Merci aux participants de la balade du 14 avril : vent assez froid, peu de soleil mais très belles découvertes et excellente ambiance.
Les dégustations ont été appréciées et une soupe aux orties a complété l'éventail des plats proposés, histoire de se réchauffer. Vous êtes toujours très enthousiastes, ça fait chaud au cœur.
MERCI, MERCI


vendredi 5 avril 2019

LAPSANE et LAITERON


LA LAPSANE. Lapsana communis
                         Famille : astéracées
Description : « mauvaise herbe » annuelle de 20 cm-1 m, à feuilles en rosette et à capitules jaunes ressemblant en plus petit à ceux des pissenlits.

Tige : unique, dressée, rameuse au sommet, velue vers la base.
Feuilles : en rosette à la base et alternes le long de la tige, pétiolées, profondément divisées en lobes arrondis, les inférieures pétiolées et les supérieures parfois sessiles, glabres ou poilues vers la base.
Fleurs : toutes ligulées, jaunes. Groupées en petits capitules rassemblés par 8-12 à l’extrémité des rameaux et formant une grappe lâche et composée au sommet de la plante.
Floraison : mai- octobre.
Fruits : petits akènes démunis d’aigrette.
Partie souterraine : racine principale développée.
Principaux caractères d’identification : feuilles en rosette régulière, à segment terminal plus grand, souvent en cœur, longues tiges portant de petits capitules jaunes, puis des fruits sans aigrette.
Habitat : terrains vagues ou labourés, haies, bords des routes, lisières des forêts, jardins, au soleil ou à l’ombre, sur sol légèrement acide à calcaire. Elle est présente dans toute l’Europe.
Autres espèces du genre en Europe : aucune.
Confusions possibles : avant le développement de la tige florale, avec d’autres plantes de la famille des astéracées ou avec certaines crucifères (à saveur de chou). En principe, la seule plante toxique avec laquelle il soit possible de confondre la lapsane est le séneçon jacobée, plante passée en revue dans ce blog.
Utilisations alimentaires : les toutes jeunes feuilles sont bonnes crues dans les salades et forment un excellent légume. On peut les accommoder de multiples façons. Avec l’âge, elles deviennent amères et nécessiteraient une ébullition dans une ou deux eaux avant de pouvoir être consommées.
Propriétés médicinales : la plante est diurétique. En usage externe, on l’utilise pour guérir les crevasses du mamelon.
Cueillette : les feuilles, de février à juin.

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LE LAITERON. Sonchus oleraceus

                          Nom vulgaire : lait d’âne.
                          Famille : astéracées. (ou composées). (Ces 2 appellations désignent la même famille.)
Description : « mauvaise » herbe annuelle très commune de 20 cm-1m, glabre dans toutes ses parties, à consistance caoutchouteuse, renfermant un latex blanc.

Tiges : dressées, rameuses, anguleuses, souvent d’un brun- rougeâtre.
Feuilles : assez grandes, en touffe à la base de la plante, alternes sur les tiges, divisées en segments anguleux dirigés vers le bas, le terminal plus grand et de forme triangulaire, bordées de dents un peu épineuses. Feuilles caulinaires embrassant la tige par deux lobes pointus. Vert mat au-dessus et glauques en-dessous.
Fleurs : toutes ligulées, jaune clair. Groupées en capitules terminaux d’environ 15 mm de diamètre, rétrécis au sommet.
Floraison : juin-novembre.
Fruits : petits akènes ovales, surmontés d’une aigrette à soies lisses.  
Principaux caractères d’identification : « mauvaise herbe », feuilles découpées, légèrement épineuses, de consistance caoutchouteuse, petits capitules jaunes rétrécis au sommet.
Autres espèces du genre en Europe : 7, toutes en France, 2 en Suisse et 3 en Belgique. Il s’agit surtout du laiteron âpre (sonchus asper) aux feuilles fermes, luisantes, indivises, à oreillettes arrondies, contournées en hélice, et le laiteron des champs (sonchus arversis) à feuilles profondément divisées, à oreillettes arrondies, non en hélice.
Confusions possibles : avec diverses composées à fleurs jaunes toutes ligulées. Mais en général, elles sont couvertes de poils et leurs feuilles sont plus petites et moins découpées. Les laitues par contre, sont glabres mais possèdent des épines sur la nervure dorsale des feuilles. Aucune de ces plantes n’est toxique.
Utilisations alimentaires : les jeunes pousses vert clair, tendres et savoureuses font d’excellentes salades. Les feuilles développées se cuisent comme légume ou en soupe. Elles s’accommodent de toutes les manières possibles. Elles sont rarement amères. Le laiteron est l’un de nos meilleurs légumes sauvages.
Le laiteron des champs et le laiteron âpre se consomment également mais seules les jeunes pousses tendres du laiteron âpre peuvent être utilisées car ses feuilles développées sont aussi épineuses que celles d’un chardon.
Récoltes : jeunes pousses, feuilles de mars à octobre.
Habitat : champs, jardins, terrains cultivés, vagues ou brûlés, bords des allées, sur sol fertile, moyennement acide à calcaire. Très commun dans toute l’Europe.

Pour des idées recettes de lapsane et de laiteron : puisez dans les recettes du pissenlit mais utilisez de préférence des jeunes feuilles et des jeunes pousses pour éviter une trop forte amertume.

Je vous propose 5 nouvelles recettes :

Grande salade de pissenlits
Omelette de plantain
Rizotto de plantain

Cake ortie et poêlée de soles à l’ortie piquante.

Pensez à vous inscrire pour la prochaine balade : le 14 avril à 14h30.
Rendez-vous place d’Hanzinelle (monument, plaine de jeux). Balade d’environ 1 h 30 à 2 h suivie de la dégustation. Fin de la sortie : 18h (environ)
Au programme : ce que la nature nous offre en ce moment : pissenlits, orties, plantains, fleurs de prunelier.
En dégustation : terrine forestière au plantain
                             Sablés aux orties
                             Galettes roulées au pesto d’orties
                             Cake orties
                             Rizotto de plantain
                             Grande salade de pissenlits
                             Teurgoule aux fleurs de prunelier
Inscriptions avant le 11 avril s’il vous plaît.
Merci à vous et à bientôt.

mardi 12 mars 2019

ANEMONE ET PERCE-NEIGE

L’ANEMONE : anemone nemorosa
                                         Famille : renonculacées .
                                         Noms communs : renoncule des bois, anémone sylvie, bassinet blanc ou bassinet  purpurin.

Description : petite plante vivace de 10-30 cm, gracieuse, formant de vastes colonies.


Tige : dressée, grêle, unique, légèrement couverte de poils.
Feuilles : naissant sur le rhizome loin de la hampe florale, composées de 3-5 segments munis d’un court « pétiolule », eux-mêmes profondément incisés et dentés
Fleurs : assez grandes, blanches ou rosées, à 5-8 sépales ovales, glabres, ressemblant à des pétales, séparés les uns des autres. Solitaire à l’extrémité de la tige et entourée par un involucre de 3 bractées pétiolées, divisées, semblables aux feuilles.
Floraison : mars à mai.
Fruits : secs, nombreux, munis d’un bec. Densément groupés au sommet de la tige.
Partie souterraine : rhizome traçant, charnu.
Principaux caractères d’identification : habitat, fleurs solitaires entourées par 3 feuilles.
Culture : quelques espèces sont cultivées comme plantes ornementales, en particulier l’anémone des jardins (anemone hortensis) et l’hépatique (anemone hepatica L)
Habitat : dans toutes les forêts un peu fraîches où elles forment des tapis très décoratifs.
Autres espèces du genre en Europe : 16 dont 13 en France, 4 en Suisse et 4 en Belgique. La plupart des espèces poussent dans la région méditerranéenne (espèces à fleurs très colorées) ou en haute montagne. L’anémone sauvage (a. sylvestris) à fleurs blanches, dont les pétales se touchent et se recouvrent et l’anémone fausse renoncule (a. renonculoïdes) à fleurs jaunes, poussent dans les mêmes lieux que l’anémone des bois. Toutes les anémones sont à considérer comme toxiques.
Confusions possibles : aucune avec des plantes comestibles.
Toxicité : les anémones sont irritantes à l’état frais mais aucun accident dû à ces plantes n’a été rapporté. Sèches, elles sont inoffensives.
Composition : comme la plupart des renonculacées, les anémones renferment un hétéroside de lactone, le renonculocide, libérant une substance vésicante et dangereuse, la protoanémonine, qui est détruite au cours du séchage de la plante. La protoanémonine provoque de violentes contractions musculaires, des coliques sanglantes, des troubles respiratoires et cardiaques et de l’hématurie.

Elle a des propriétés antibiotiques, antibactériennes, et antispasmodiques. Elle est étudiée pour une activité anticancéreuse.


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LE PERCE NEIGE. Galanthus nivalis
                                              Famille : amaryllidacees
                                              Noms communs : aucun nom connu.
Description : jolie plante vivace de 15-25 cm, glabre, à floraison précoce.

Tige : dressée, mince, cylindrique.
Feuilles : 2, étroites et allongées, obtuses au sommet, aplaties, carénées, plus courtes que la tige.
Fleurs : blanches, à divisions libres, les 3 extrémités obovales, obtuses, les 3 intérieures plus courtes de moitié, en cloche, échancrées et tachées de vert au sommet. Solitaire, pendant à l’extrémité de la tige, au-dessus d’une feuille (spathe) repliée, courbée, plus longue que le pédoncule.
Floraison : février-mars.
Fruits : capsule charnue un peu globuleuse.
Partie souterraine : bulbe ovale.
Principaux caractères d’identification : floraison précoce, fleur.
Culture : le perce-neige est fréquemment cultivé comme plante ornementale.
Autres espèces du genre en Europe : aucune.
Confusions possibles : éventuellement avec un ail sauvage avant la floraison, mais le perce-neige n’en a pas l’odeur caractéristique.
Toxicité : le perce-neige est toxique, en particulier son bulbe qui a parfois provoqué l’empoisonnement du bétail. Il est émétique.
Composition : la plante contient des alcaloïdes (tazettine et galanthamine). 15 g de bulbe seulement peuvent provoquer la mort d’un chien.

Aucune recette pour ces plantes, bien sûr, mais voici une nouvelle rubrique : trucs et astuces pour la vie quotidienne.


MERCI aux courageux participants qui ont bravé le vent pour découvrir et récolter la sève de bouleau.
La dégustation qui a suivi était composée de :
Toast de sarrasin au saumon fumé et fromage blanc à la ciboulette.
Potage de ficaire (recette déjà sur le blog).
Carbonades de bœuf au houblon (déjà sur leblog)
Quiches orties et ciboulette sauvage
Cake aux nèfles
Galette de cenelles (nouvelle recette à retrouver dans l’aubépine)
Pommes rôties au parfum de bourgeons de peuplier (recette dans peuplier)

Si le vent était bien présent, la pluie nous a épargnés ! 
MERCI  DAME NATURE.

Prochain rendez-vous le 14 avril à 14h30.

mercredi 20 février 2019

Bonnes à croquer passe à la télévision.

Bonjour à tous et toutes.

Mes activités ont eu l'honneur de faire l'objet d'une petite séquence dans l'émission de la télévision régionale C : CANAL et Canal et Cie du 13 février 2019.

J'ai le plaisir de vous faire partager cette courte vidéo en cliquant ICI.
Vous pouvez également la visualiser sur la page : "Dossier de presse." ou encore sur YouTube https://youtu.be/2lFzqHj9_LQ.

mardi 12 février 2019

LE HOUBLON




LE HOUBLON.
                        Humulus lupulus
                         Famille des cannabacées
                         Noms communs : houblon lupulin, vigne du nord, salsepareille nationale, couleuvrée septentrionale.
Description : plante grimpante, vivace, dioïque, de plusieurs mètres de longueur, se développant sur la végétation avoisinante.


Tige : herbacée, volubile, s’enroulant dans le sens des aiguilles d’une montre, quadrangulaire, couverte de poils rudes, dépourvue de vrilles.
Feuilles : opposées, pétiolées, palmatilobées à 3-5 lobes ovales ou pointus, dentées, rudes au toucher, cordiformes à la base.
Fleurs : minuscules, verdâtres, les femelles étant groupées par deux sur une bractée, réunies en grappes pendantes ; les mâles et les femelles sur des pieds séparés.
Fruits : munis d’ailes membraneuses, en forme de « cônes ».
Principaux caractères d’identification : liane à feuilles ressemblant à celles de la vigne, très rugueuses au toucher, opposées 2 à 2 sur la tige, pieds femelles portant des cônes.
Autre espèce du genre en Europe : aucune
Confusions possibles : éventuellement avec d’autres lianes telle la « bryone » (décrite dans ce blog) munies de vrilles ou la « clématite » (aussi décrite dans le blog) à tiges ligneuses dont les jeunes pousses sont comestibles cuites mais plus ou moins toxiques crues.
Habitat : le houblon affectionne les terrains humides et on le trouve dans les haies et les forêts. Il est cultivé pour l’industrie de la bière.
Utilisations alimentaires : crues, les jeunes pousses sont légèrement amères et aromatiques. Elles font de très bonnes additions aux salades. Il est courant, dans certaines régions, de les faire cuire à l’eau et de les servir comme des asperges.
Vous trouverez quelques recettes en suivant ce lien.
Outre la bière, les cônes peuvent servir à aromatiser des boissons par macération ou infusion.
Composition : les membranes des cônes sont parsemées à leur base de petites glandes qui donnent une sorte de poudre jaune, odorante et amère, le « lupulin ». Celui-ci contient une huile essentielle, de la lupuline, de la résine, de la cire et des principes œstrogènes.
Propriétés médicinales : les cônes de houblon sont sédatifs, hypnotiques, anaphrodisiaques, toniques, stomachiques, détersifs, laxatifs et diurétiques. Pour combattre l’insomnie, on plaçait un oreiller bourré de cônes de houblon sous la tête. Le houblon est en effet employé en tant que somnifère augmentant l’intensité et la durée du sommeil. En usage externe, un cataplasme de cônes et feuilles bouillis dans l’eau lutte contre goutte, rhumatismes, abcès froids et ulcères. Des cônes chauffés et mis dans un sachet s’appliquent sur les névralgies, lombalgies sciatiques.
Toxicité : un abus de cônes peut provoquer des troubles nerveux (maux de tête, vertiges, céphalées, sommeil, anorexie, bradycardie) mais leur saveur prononcée limite les risques. 
Les œstrogènes contenus dans les cônes sont responsables, par leur absorption transcutanée et respiratoire, de troubles menstruels chez les cueilleuses de houblon. Ces œstrogènes, bien qu’en faible concentration dans la bière, sont également à l’origine de troubles d’hyperœstrogénie chez les grands buveurs de bière. Il faut tenir compte de la fréquence des troubles hépatiques (dus à l’alcoolisme) chez les buveurs : de ce fait, la dégradation des œstrogènes dans le foie se fait mal et l’hyperœstrogénie apparaît beaucoup plus vite (atrophie testiculaire, perte de poils, impuissance).


Le prochain article abordera des petits trucs pour plus de confort dans notre quotidien. 

mardi 8 janvier 2019

DATURA ET GIROFLEE


DATURA : datura stramonium
Famille des solanacées.
Noms vulgaires : stramoine, pomme épineuse, chasse-taupe, herbe aux sorciers, herbe aux taupes, herbe des magiciens, herbe au diable, endormie, pomme du diable.
Description : grande plante annuelle de 30 cm à 1 m, glabre, d’aspect particulier, dégageant au froissement une odeur fétide forte et désagréable.

Tige : robuste, épaisse à divisions dichotomiques (division par deux des rameaux et des pédoncules sur la tige) jusqu’au sommet de la plante.
Feuilles : grandes, pétiolées, ovales, aiguës au sommet, bordées de grandes dents aiguës mêlées à de plus petites, assez molles, d’un vert foncé.
Fleurs : très grandes, 6-10 cm de long, d’un blanc pur, en forme d’entonnoir, à lobes très courts terminés par une pointe aiguë, solitaire à l’aisselle des feuilles au point de bifurcation des tiges.
Fruits : capsules dressées de la taille d’une noix, ovales, couvertes d’épines robustes, s’ouvrant par 4 valves et contenant de nombreuses graines noires ternes et aplaties.
Partie souterraine : racine principale développée.

Principaux caractères d’identification : aspect dû à la division dichotomique des tiges, odeur désagréable des feuilles, grandes fleurs blanches, fruits épineux.
Autres espèces du genre en Europe : 2 dont « datura métel » à feuilles entières, fleurs blanches ou rosées, à fruits penchés et couverts d’épines grêles qui se rencontre parfois dans la région méditerranéenne.
Confusions possibles : éventuellement avec le chénopode hybride dont les feuilles ressemblent à celles du datura et dégagent aussi une odeur désagréable ; les feuilles du chénopode sont triangulaires à losangées, à peine dentées alors que les feuilles du datura sont ovales à elliptiques, généralement lobées, avec des dents irrégulières. La confusion avec d’autres plantes comestibles parait improbable mais s’est parfois produite.
Habitat : terrains cultivés, nus ou vagues, lisières des champs, naturalisé ou çà et là partout.
Toxicité : toutes les parties de la plante sont violemment toxiques. Malgré leur odeur fétide, les feuilles peuvent se confondre avec celles de certains légumes sauvages (tels les chénopodes) et provoquer de graves empoisonnements. De très petites quantités suffisent à déclencher des symptômes alarmants. Les graines ont également intoxiqué des personnes et des animaux. Le datura provoque des troubles digestifs, cardiaques, respiratoires et visuels accompagnés de délire et hallucination intenses et prolongées. La mort survient fréquemment.
Composition : la plante renferme divers alcaloïdes, hyoscyamine, scopolamine et atropine. C’est donc une plante dont il faut se méfier ! Remarquons au passage que presque toutes les plantes de la famille des solanacées sont toxiques y compris la pomme de terre dont les tubercules sont inoffensifs mais dont les feuilles et les fruits sont du poison.
Propriétés médicinales : le datura est employé en médecine comme antispasmodique, modérateur de sécrétions, mydriatique (provoque la dilatation des pupilles), sédatif du système nerveux central et antiasthmatique (feuilles mélangées à du tabac roulées sous forme de cigarettes). L’emploi de la plante est dangereux car sa teneur en substances active est difficile à doser. En usage externe, les feuilles sont appliquées en cataplasmes analgésiques.

GIROFLEE. Cheiranthus cheiri

Famille : brassicacées ou crucifères
Noms vulgaires : bâton d’or, violette de saint Georges, violier, carafée, giroflée jaune, giroflée des murailles, ravenelle jaune.

Description : jolie plante vivace de 20-80 cm, couverte de poils couchés, à floraison odorante et colorée.

Tige : un peu ligneuse à la base, anguleuse, rameuse.
Feuilles : oblongues, étroites, entières, les supérieures plus étroites.
Fleurs : grandes, 20-25mm, jaune ou orange brunâtre, à 4 pétales en croix, très parfumées, en grappes terminales allongées.
Floraison : mars-juin.
Fruits : siliques dressées à 4 angles, un peu aplaties, blanchâtres.
Partie souterraine : souche vivace.
Habitat : rochers, falaises et murs, le plus souvent à basse altitude.
Culture : très cultivé au jardin, en massifs et pour la fleur coupée. Plante appréciée des papillons.
Principaux caractères d’identification : habitat, port de crucifère, fleurs.
Autres espèces du genre en Europe : aucune.
Confusions possibles : éventuellement avec d’autres crucifères mais à priori avec aucune qui soit comestible.
Toxicité : la giroflée est potentiellement dangereuse bien qu’elle ne semble pas avoir provoqué d’accidents. Sa saveur est trop amère pour qu’on puisse avoir envie de la consommer en quantité.
Composition : outre un hétéroside sulfuré semblable à ceux des autres crucifères, la giroflée renferme plusieurs hétérosides cardio-toxiques proches de ceux de la digitale, en particulier le « cheiroside et le cheirotoxoside »
Propriétés médicinales : la giroflée est un tonique du cœur et un diurétique mais son emploi n’est pas sans danger. La tradition attribue aux graines des propriétés abortives mais, surtout, des essais pharmacodynamiques effectués sur des animaux de laboratoire ont montré que les parties vertes de la plante, à certaines doses, ont une activité cardio-vasculaire toxique : vasodilatation, bradycardie puis hypotension profonde pouvant entraîner la mort de l’animal.

A défaut de trouver de nouvelles plantes comestibles hivernales, je vous propose un ajout de quelques recettes de saison.

Crufiture de cynorrhodons : voir sous " Les recettes de marraine Bobette : l'Eglantier "

Jus d’argouses : voir sous "Les recettes de marraine Bobette : l'ARGOUSIER "



A vous tous, je souhaite une année riche en contacts humains et en découvertes natures. Le monde actuel n’est guère brillant mais la nature peut nous remplir d’espoir : les bourgeons annonciateurs du printemps sont en dormance mais dès que les conditions seront favorables, ils éclateront de vie ! 
Il faut savoir attendre le bon moment !!

Très belle année à vous tous et à bientôt pour de nouvelles découvertes.

jeudi 8 novembre 2018

LES ERABLES.


Nous nous attarderons plus spécialement sur l’érable plane mais aborderons les autres espèces de nos régions.
L’érable plane : acer platanoïdes
                              Nom vulgaire : érable de Norvège.
                              Famille : acéracées.
Description : arbre caduc splendide atteignant 25 à 30 mètres, aux feuilles caractéristiques.

Tronc : droit et cylindrique, écorce gris pâle, lisse sur l’arbre jeune, se fissurant longitudinalement avec l’âge.
Feuilles : opposées, longuement pétiolées, palmées, à nervures en éventail et à 5 lobes bordés de dents très aigües alors que les sinus sont arrondis, minces, glabres, vertes et luisantes sur les deux faces, assez grandes, 10-15 cm de diamètre.
Fleurs : petites, jaune-verdâtres, réunies en grappes dressées, naissant avant les feuilles en panicules larges.
Floraison : avril-mai.
Fruits : samares à ailes formant un angle obtus et à graines aplaties.
Principaux caractères d’identification : forme des feuilles et des fruits.
Culture : plusieurs érables dont celui-ci sont plantés pour l’ornementation. Ils sont très appréciés en automne pour leurs feuillages flamboyants. Attention si vous en choisissez un pour animer votre jardin : sa hauteur en fait plus un arbre de parc que de jardin et il a besoin d’espace pour se développer.
Autres espèces du genre en Europe : 15 dont 5 en France et en Suisse et 3 en Belgique.
En Belgique, nous trouvons l’érable sycomore (acer pseudoplatanus) à grandes feuilles palmées, pointues et grossièrement dentées, à fruits à panicules étroites et pendantes naissant en général avec les feuilles et à fruits glabres avec des ailes à angle droit.

L’autre espèce est l’érable champêtre (acer campestre). Les feuilles sont assez petites, 4-7 cm de diamètre, à 3-5 lobes oblongs, généralement entiers, à bord poilu, écorce gris pâle fissurée, fleurs en petites grappes érigées, poilues, naissant avec les feuilles, les fruits généralement poilus avec des ailes horizontales.

Les autres espèces rencontrées en France et en Suisse sont L’érable à feuilles d’obier (acer opalus) qui est un arbre plus petit 12-15 mètres, à écorce rosâtre ou gris-orangé, s’exfoliant ; feuilles 4 à 10 cm de diamètre, palmées, à 5 lobes larges, dentées et poilues au revers. Fleurs jaune pâle, en grappes pendantes naissant avant ou avec les très jeunes feuilles ; les fruits sont glabres avec ailes divergentes à angle aigu.

L’érable de Montpellier (acer monspessulanum), petit arbre caduc, 12 mètres max., écorce noir grisâtre foncé d’abord lisse, pouvant s’exfolier, feuilles coriaces, 3-8 cm de diamètre, à 3 lobes entiers assez émoussés, vert foncé brillant au-dessus. Fleurs verdâtres à inflorescence large d’abord érigée puis pendante. Fruits glabres avec des ailes presque parallèles.

Confusions possibles : aucune en dehors du genre. Les feuilles et les fruits permettent de différencier facilement nos espèces d’érables.
Une confusion ne porterait guère à conséquence car toutes ces espèces sont comestibles de la même manière.
Utilisations alimentaires : les jeunes feuilles des érables peuvent être consommées crues ou cuites lorsqu’elles sont bien tendres.
Les jeunes fruits tendres étaient parfois conservés au vinaigre. Les graines sont comestibles en petites quantité mais sont amères; il faut les faire bouillir dans 1 ou 2 eaux pour diminuer l’amertume. On les consommait ainsi dans certaines régions d’Asie.
La sève de nos érables est sucrée : après extraction, on en préparait une boisson acidulée en la laissant fermenter à l’air. Dans certaines parties de l’Europe, on en faisait un sirop après une longue ébullition mais le rendement était faible vu sa faible teneur en sucre. Le sirop et le sucre d’érable sont presqu’exclusivement produits dans le nord est des Etats unis et dans l’est du Canada où, lors de la montée de la sève en mars- avril, des nuits très froides succèdent à des journées chaudes et ensoleillées. Après l’extraction et  une longue ébullition, sirop et sucre sont vendus à prix élevé. Une des espèces les plus recherchée pour cet usage est l’érable negundo. Sous nos climats, nos printemps sont trop doux et pluvieux pour que la sève se charge suffisamment en sucre.
Composition : les érables, en général, renferment des tanins, des saponocides triterpéniques dont l’acer saponine P, dérivée de l’acide acérogénique. Cette saponine présente une action anticancéreuse étudiée par le « national cancer institut »
Le sycomore (pseudoplatanus) renferme du cyclitol et de l’acétate de bornésitol.
Cet été, la fructification des érables a été excellente et un grand nombre de fruits sont arrivés à maturité. Des chevaux en ont ingéré une certaine quantité et en ont perdu la vie (myopathie atypique).
La myopathie atypique est une maladie musculaire avec un taux de mortalité très élevé qui touche les chevaux en prairie en automne et au printemps. Elle est liée à l’ingestion d’une toxine, l’hypoglycine A contenue dans les graines (samares) de plusieurs arbres de la famille des érables.
La sève des érables contient du saccharose et des sels minéraux.
Habitat : l’érable plane (acer platanoïdes) et l’érable sycomore (acer pseudoplatanus) croissent sensiblement dans les mêmes lieux : plateaux, collines et montagnes jusqu’à 1500m. Le sycomore est assez exigeant et prospère sur des sols fertiles, meubles, neutres, profonds et frais.
L’érable plane est un peu plus rare et ne s’élève pas à altitude aussi élevée.
Ce sont des essences de lumière qui supportent un certain ombrage dans la jeunesse et souffrent moins des gelées tardives.
L’érable champêtre pousse lui aussi sur plateaux et collines mais on le trouve rarement au-dessus de 600 m d’altitude. Il s’accommode de sols très divers et se rencontre même sur des stations assez sèches et rocheuses.
Bois :
Le bois du sycomore est blanc ou jaunâtre, peu durable et pourrit rapidement sous l’influence des variations atmosphériques. Sa faible durabilité l’exclu pour les constructions en tant que bois d’œuvre. C’est cependant un bon combustible.
Le bois de l’érable plane ressemble au sycomore mais est souvent plus rougeâtre ; il est plus dur et plus dense.
Le bois est utilisé en tournerie, ébénisterie, saboterie, crosses de fusils, raquettes de tennis et en lutherie pour les fonds de violons, éclisses, têtes et manches.
L’  érable champêtre a un bois blanc légèrement jaunâtre ou rougeâtre, lourd, dense, compact et très homogène. Il est utilisé en tournerie et est recherché pour la fabrication d’instruments agricoles, manches d’outils, crosses de fusils.
C’est un excellent bois de chauffage.

REMERCIEMENTS.

Merci à Madame Leblanc et à ses élèves venus explorer les alentours d’Hanzinelle. Nous avons passé un très bon moment ensemble à la découverte des fruits des haies.
Petite dégustation de la soupe de châtaignes et cèpes pour nous réchauffer. Biscuits aux cenelles et gâteau aux nèfles pour la note sucrée. Vous retrouverez la recette du gâteau aux nèfles dans la rubrique du même nom : les recettes de marraine Bobette : néflier.

Petit message pour Quentin : oui, la menthe se sèche au déshydrateur mais ne garde pas sa belle couleur verte : elle peut être préparée en tisanes. A défaut de déshydrateur, le four chauffé à 50-60°convient lui aussi mais consomme un peu plus d’énergie.