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mardi 19 septembre 2017

PAS BONNES A CROQUER : COLCHIQUE et CYCLAMEN

LE COLCHIQUE ET LE CYCLAMEN : deux plantes TOXIQUES de saison.

1. LE COLCHIQUE. COLCHICUM AUTOMNALE
                                         Famille des liliacées
Description : plante vivace de 10-40 cm, glabre, donnant ses jolies fleurs en automne, ses feuilles et ses fruits au printemps de l’année suivante.
Feuilles : dressées, larges et lancéolées, longues (20-40 cm de long), groupées par 4 ou plus autour du fruit.
Fleurs : grandes, à divisions oblongues de 5-7 cm au-dessus du tube allongé, rose lilas, entourées dans le bas de gaines membraneuses. Solitaires ou réunies par 2-5.
Floraison : août, septembre.

Une variété, parfois nommée « colchicum vernale » fleurit au printemps.
 Fruits : capsules obovales à 3 loges, de la taille d’une noix, apparaissant avec les feuilles en avril-mai de l’année suivante et contenant les graines empilées.
Partie souterraine : bulbe solide entouré de tuniques minces et brunâtres.
Principaux caractères d’identification : fleurs, feuilles entourant le fruit, période de présence différente des fleurs et des feuilles.
Culture : le colchique est parfois cultivé comme plante ornementale.
Autres espèces du genre en Europe :  22 dont 4 en France et 1 en Suisse. La plupart de ces espèces sont moins fréquentes et la répartition géographique beaucoup plus restreinte que le colchique d’automne.
Toutes les espèces sont violemment toxiques.
Confusions possibles : par ses fleurs, avec les crocus, dont aucun n’est considéré comme comestible dans nos régions. Les colchiques ont 6 étamines alors que les crocus qui appartiennent à la famille des iridacées n’en ont que 3.
Par les feuilles, une confusion pourrait être possible avec des ails ou des poireaux sauvages, d’aspect souvent semblable. Il sera donc facile de les distinguer rien qu’en les frottant car le colchique est inodore.
Le crocus sativus dont on extrait le safran ressemble comme un frère à d’autres crocus à floraison printanière (crocus heuffelianus et crocus  vernes) avec cette seule différence qu’il fleurit en automne comme le colchique qui est lui, violemment vénéneux. L’épice du safran est constituée par le stigmate trifide, d’un orangé éclatant, que l’on prélève à la main sur les fleurs fraîchement épanouies, en même temps qu’une partie du stigmate, et que l’on fait sécher rapidement et très délicatement. Pour obtenir 1 kilo d’épice sèche, il faut traiter jusqu’à 200 000 fleurs. Voilà qui explique le prix élevé du safran.
En Europe, la culture du safran débute en Espagne où il fut introduit par les Arabes dès le 9è siècle. Sa culture s’étendit par la suite dans les autres états européens. Le safran, en quantité infime, parfume poissons, risotto, bouillabaisse et couscous. Il a également été utilisé comme plante tinctoriale pour teindre cuirs, vêtements et cheveux.
Toxicité : toutes les parties du colchique d’automne sont violemment toxiques. Il en est probablement de même pour les autres espèces. L’ingestion de la plante produit des troubles digestifs, cardio-vasculaires, nerveux et respiratoires généralement graves et souvent mortels. Le bétail est souvent intoxiqué : une quantité de feuilles représentant 0.1% du poids de l’animal suffit à le tuer.
Composition : les colchiques renferment de très puissants alcaloïdes, principalement la colchicine.
Propriétés médicinales : la colchicine s’emploie comme diurétique, analgésique et anti-inflammatoire. A dose infime, c’est un remède très efficace contre la goutte. La plante entière serait trop délicate à utiliser. Bien entendu, seul le médecin est capable de prescrire cette drogue dont le juste dosage est très difficile. 


2.  LE CYCLAMEN : CYCLAMEN EUROPAEUM = PURPURESCENS
                                          Famille des primulacées
                                          Nom commun : pain de pourceau.
Description : très jolie petite plante vivace de 5-15 cm, à feuilles et fleurs caractéristiques.
Feuilles : partant toutes de la base de la plante, longuement pétiolées, largement ovales, échancrées à la base, entières ou crénelées, marbrées de blanc au-dessus et rougeâtres en-dessous ;
Fleurs : grandes, roses, rarement blanches, à corolle en tube court et à 5 lobes oblongs, retournés et dressés, 3-4 fois plus longs que le tube, odorantes. Portées par un long pédoncule partant de la base de la plante recourbé au sommet, roulé en spirale avant et après la floraison.
Floraison : août-octobre.

Fruits : capsules globuleuses un peu charnues, à 3 loges.
Partie souterraine : gros tubercule globuleux, charnu, portant quelques petites racines à sa surface.
Principaux caractères d’identification : marbrures des feuilles et couleur de leur face inférieure, aspect des fleurs, floraison tardive.
Culture : Certaines de nos espèces sont cultivées pour l’ornementation. Le cyclamen des fleuristes est le cyclamen persicum, originaire de Grèce et d’Asie occidentale.
Autres espèces du genre en Europe : 7 dont 3 en France, 2 dans la région méditerranéenne, à floraison printanière et 1 dans l’ouest et le midi, à floraison automnale.   1 espèce en Suisse.
Confusions possibles : aucune
Toxicité : les différentes espèces de cyclamen sont tenues pour toxiques, en particulier leur tubercule qui avec l’âge peuvent parfois dépasser 20 cm de diamètre. On se servait de ce dernier pour pêcher le poisson en Sicile et il aurait même été employé pour empoisonner les pointes de flèches. Les cyclamens sont âcres, émétiques et cathartiques.
Composition : la plante renferme un saponocide toxique, la cyclamine.

Propriétés médicinales : le cyclamen est également anti-ecchymotique et anti-tumoral. Seules les prescriptions médicales permettent l’usage de la cyclamine.

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