mardi 31 janvier 2017

LE TILLEUL

Durant l’hiver, l’envie vous prend peut-être de siroter une bonne tisane ? Avez-vous pensé au tilleul ? Le connaissez-vous ? Abordons donc cet arbre et découvrons ses richesses.
TILLEUL : Tilia x vulgaris  Tilleul vulgaire (ou commun)
Famille des tiliacées.
Description : bel arbre pouvant atteindre plus de 30 mètres, à floraison délicieusement parfumée, couronné d’une tête ovale ou arrondie, très touffue.

Tronc : écorce d’abord lisse, puis profondément sillonnée, gris brun foncé.
Feuilles : alternes, pétiolées, en forme de cœur renversé, aiguës au sommet, dentées en scie sur les bords, munies de petites touffes de poils aux aisselles des nervures sur la face inférieure, vert foncé au-dessus, plus claires en-dessous.
Fleurs : assez petites, blanc jaunâtre, munies de 5 sépales, 5 pétales et de nombreuses étamines. Réunies par 5-7 en une petite grappe à l’extrémité d’un pédoncule soudé sur une grande partie de sa longueur à une bractée membraneuse.
Floraison : juin, juillet.

Fruits : globuleux, velus, à 5 côtes légèrement saillantes, renfermant une graine oléagineuse.
Principaux caractères d’identification : forme des feuilles et fleurs odorantes. Il se plaît dans les jardins, les parcs et au bord des routes.
Culture : différentes espèces de tilleul sont plantées pour l’ornementation dont le tilleul commun.
Autres espèces du genre en Europe : 6 dont 2 en France, Suisse et Belgique : le tilleul à petites feuilles (tilia cordata) et le tilleul à grandes feuilles (tilia platiphyllos). Le tilleul vulgaire décrit ici est un hybride entre ces 2 espèces. Il est plus vigoureux et plus résistant à la sécheresse que ses parents.
Confusions possibles : entre les différents tilleuls est sans danger car toutes les espèces s’utilisent de la même manière. Les feuilles de tilleul vulgaire et du tilleul à petites feuilles sont cependant meilleures que celle du tilleul à grandes feuilles.
Les feuilles du noisetier ressemblent un peu à celles du tilleul : elles ne sont pas toxiques mais sont astringentes.
Utilisations alimentaires :
Les très jeunes feuilles sont tendres, mucilagineuses et agréables au goût ; elles peuvent servir de base de salade. Lorsqu’elles sont cuites, par contre, leur texture mucilagineuse n’est pas appréciée de tous mais elles peuvent épaissir les soupes. On peut sécher les feuilles développées, en retirer les nervures puis les pulvériser au moulin à café pour en préparer une poudre verte. Mélangée à de la farine, elle sert à faire du pain ou des galettes savoureuses et riches en nutriments. Les fleurs de tilleul sont célèbres pour leurs propriétés médicinales mais leur parfum permet d’aromatiser salades de fruits, desserts et boissons.
La graine des fruits, oléagineuse, peut être grignotée telle quelle. Elle a servi au XVIIIe siècle à préparer un étrange succédané du chocolat.
L’aubier, c’est-à-dire la partie du tronc ou des branches comprises entre le bois et l’écorce est également utilisé en tant que draineur naturel.
Comme d'habitude, je vous invite à trouver quelques recettes à base de tilleul ICI.

Composition : les feuilles sont riches en protéines, mucilage, vitamine c et en sels minéraux.
Les fleurs renferment une huile essentielle, du mucilage, du tanin, des hétérosides et diverses substances.
Les graines sont riches en huile grasse.
Propriétés médicinales :
Les feuilles sont émollientes.
En infusion légère, les fleurs sont sédatives, antispasmodiques et diaphorétiques. Elles favorisent la circulation du sang. Cependant, à dose élevée ou à un temps d’infusion trop long, la tisane est excitante et peut provoquer des insomnies.
L’aubier est reconnu comme diurétique, cholérétique, hypotenseur et antispasmodique. Pour le tilleul comme pour les autres plantes, la nature du sol est très importante et les produits les plus actifs proviennent des tilleuls sauvage du Roussillon. Son utilisation a détruit de nombreux arbres sauvages dans cette région.
Le tilleul donne un miel très agréable et renommé.
Autres usages : Le bois de tilleul est très apprécié des ébénistes car il se travaille très bien. Il a servi à confectionner des touches de pianos et d’orgues.
Pour sculpter des marionnettes, c’est un bois intéressant car il se travaille dans tous les sens, son odeur très agréable mais parfois discrète se situe entre l'érable et le saule.
Quelques anecdotes : le nom grec du tilleul est le même que celui de la mère du centaure CHIRON (PHYLIRA, amoureuse de CHRONOS) qui apprit l’art de guérir aux dieux.
Le tilleul est considéré comme arbre civique et lors de la révolution française, en 1792, 60000 pieds de tilleuls appelés « arbres de la liberté » sont plantés dans l’Hexagone. Partout, en bordure des marchés, dans les cimetières se dressent les tilleuls.
Il abonde le long des lieux de pèlerinages consacrés à la vierge Marie et dans les cours municipales, c’est également sous cet arbre (outre le chêne) que jadis, on rendait la justice.


La neige a fondu et si les températures sont clémentes, nous allons bientôt penser à une première sortie 2017 ! La date vous sera communiquée lors du prochain bulletin plante.

 A bientôt et courage, l’hiver diminue et les jours allongent. 

samedi 14 janvier 2017

LES SAUGES

Première plante pour 2017 :
LES SAUGES.
A.      Sauge officinale : salvia officinalis
                                 Famille des lamiacées
Appellations communes : petite sauge, sauge franche, thé de France, thé de Grèce, thé de Provence.
Caractères d’identification : plante herbacée, commune le long des haies, des talus et des bois en friches, sous-arbrisseau aux feuilles relativement petites et très odorantes, spontanée sur les coteaux arides de la région méditerranéenne.

Feuilles : pétiolées, lancéolées, rugueuses, persistantes, opposées, glabres, à peine dentées.
Fleurs : bleu violacé, bilabiées, bractées apparentes, disposées en bouquets tout au long de la hampe florale à partir de son tiers supérieur. Comme les autres sauges, elle ne possède que 2 étamines. Floraison : mai à août.
Fruits : formés de 4 akènes ovoïdes.
Partie souterraine : souche développée.
Récolte : les sommités fleuries en été et les feuilles à la fin du printemps (mai, juin).
Culture : si on la rencontre à l’état sauvage sur les pentes et les herbages de Provence et en bordure des chemins, elle est cultivée au potager et aime la terre légère et sèche et une bonne exposition en plein soleil.
Composition : la sauge officinale est riche en huile essentielle que l’on extrait par distillation. Les feuilles renferme des tanins, de la vitamine PP et entre autres substances, un œstrogène.
Propriétés médicinales : la sauge officinale est stimulante, stomachique, antisudorale, antiseptique, emménagogue et astringente. Cette plante est utilisée sous forme de spécialités pharmaceutiques en allothérapie, en homéopathie et en pharmacie dermocosmétologique.
Toxicité : l’huile essentielle de sauge peut provoquer des troubles nerveux. Prise en excès sur une longue période, les infusions seraient nocives. La sauge ne doit pas être utilisée en cures continues. Il faut l’éviter en cas de grossesse et d’allaitement. Elle est contre indiquée en cas d’insuffisance rénale et d’instabilité neuro-végétative.
Utilisations alimentaires : les fleurs sont utilisées pour décorer les salades et autres plats. Les feuilles aromatisent viandes et légumes et des tisanes digestives.
Fleurs et feuilles accompagnent les plats cuisinés. On en obtient d’excellentes boissons : vins, eaux de sauge, infusions et liqueurs.
Autres usages : l’huile essentielle extraite par distillation de la sauge sarclée est utilisée en parfumerie : c’est un excellent fixateur pour la fabrication de parfums.
Au jardin, planter la sauge parmi les choux protégera ces derniers des papillons blancs du chou.
Les fleurs séchées et réduites en poudre peuvent être saupoudrées entre les plants. La sauge masque aussi les odeurs de la carotte et éloigne la mouche du légume.
Infusion contre les maladies cryptogamiques : 500 g de sauge fraîche et 5 litres d’eau.
Jeter la sauge dans l’eau bouillante et laisser frémir 20 minutes. Éteindre le feu et couvrir. Laisser refroidir puis filtrer. A utiliser pur sur poireaux, choux et carottes.

Quelques petits trucs bien être et santé :

1. Lotion purifiante pour les peaux grasses : 1 grosse poignée de sauge séchée et 250 ml d’eau de source ou déminéralisée.
Mettre la sauge dans l’eau bouillante et laisser infuser 15 minutes. Filtrer. Utiliser sur la peau matin et soir. Cette infusion se conserve 5 à 6 jours au réfrigérateur.
2. Lotion stimulante pour la croissance des cheveux : ½ poignée de feuilles de sauge séchée et ¼ de vodka ou de rhum. Faire macérer le tout pendant 10 jours puis filtrer. Masser ensuite le cuir chevelu avec cette lotion assainissante. (recette non testée personnellement)
3. Problème de transpiration des pieds ? Glisser 3 ou 4 feuilles de sauge dans chaque chaussure pour réguler la transpiration et assainir les chaussures et les pieds.
4. Enfin, si vous souffrez de maux de tête, tressez une couronne de sauge et portez la sur la tête… les mauvaises humeurs devraient s’envoler… A vous d’essayer !!

B.   La sauge des prés.    Salvia pratensis
Description : plante vivace 30 80 cm, très commune, à grandes fleurs bleu foncé.

Tige : dressée, quadrangulaire, simple ou un peu rameuse.
Feuilles : grandes, presque toutes à la base, ridées, munies d’un pétiole, de contour largement ovale, doublement crénelées, d’un vert foncé mat.
Fleurs : grandes, 2, 3 cm, à corolle bleue, formées de 2 lèvres écartées, style bifide dépassant nettement la lèvre supérieure courbée en faux.
Floraison : mai- juillet.
Fruits : formés de 4 akènes ovoïdes bruns.
Partie souterraine : souche développée.

Autres espèces du genre en Europe : 35 dont 11 en France, 4 en Suisse et en Belgique.
Certaines espèces sont des sous- arbrisseaux aux feuilles petites et très odorantes, utilisées comme condiment : il s’agit surtout de la sauge officinale décrite plus haut.
La plupart des sauges herbacées ne sont pas aromatiques sauf leurs inflorescences.
La sauge sarclée possède des feuilles et surtout des inflorescences rougeâtres visqueuses qui dégagent un parfum puissant.
Deux variétés observées en Belgique :
- La sauge des prés qui affectionne les pelouses et prairies sèches et calcicoles. Elle présente les mêmes actions que la sauge officinale mais à un moindre degré.
- La sauge verticillée (salvia verticillata) 25 à 60 cm, fleurs violettes à pourpre, lèvre supérieure plus ou moins droite, pousse  sur sites rudéralisés et dégage une odeur plutôt fétide.

Confusions possibles : avec d’autres sauges herbacées. Une confusion serait sans danger car leur usage n’est pas toxique. 

Retrouvez quelques recettes de cuisine en cliquant ICI.

jeudi 22 décembre 2016

PAS BONNES A CROQUER : Plantes toxiques : l'HELLEBORE et le LIERRE

LES TOXIQUES 3.

L’HELLEBORE FETIDE. (n.m.)
HELLEBORUS FOETIDUS
Famille des RENONCULACEES
Appelé aussi pied de griffon.

DESCRIPTION : curieuse plante vivace de 30-80 cm, glabre, à feuillage persistant, fleurissant en hiver, dégageant au frottement une odeur désagréable.

Tige : robuste, nue vers le bas et portant les cicatrices des feuilles tombées, très feuillée et ramifiée vers le haut, persistant en hiver.
Feuilles : toutes sur la tige, coriaces, longuement pétiolées, palmées, divisées depuis la base en 7-11 segments allongés, aigus, dentés en scie sur les bords, d’un vert foncé. Feuilles supérieures se réduisant progressivement jusqu’à ne plus être qu’une gaine élargie terminée par quelques lobes étroits.
Fleurs : pédonculées, 4-5 cm, portant à la base une large bractée ovale, formée de 5 grands sépales verdâtres souvent bordés de pourpre, restant dressés à la floraison, et de 5 petits pétales en tube à l’intérieur des sépales. Nombreuses, regroupées au sommet de la plante.
Floraison : janvier à mai.
Fruits : formés de 3 follicules, entourés par les sépales persistants, alors étalés.
Partie souterraine : racine principale épaisse.
Principaux caractères d’identification : aspect, feuilles coriaces, floraison hivernale.
Culture : la rose de Noël, « helleborus niger » est communément cultivée comme plante ornementale. Elle est native des Alpes de Haute Provence, des Hautes Alpes et du Tessin en Roumanie. Les variétés cultivées ont des fleurs plus grandes et plus développées que la forme sauvage. Toutes affectionnent les sols calcaires.
Autres espèces du genre en Europe : 10 dont 3 en France, 2 en Suisse et 1 en Belgique.
Confusions possibles : aucune vu l’aspect et la texture des feuilles.
Toxicité : les hellébores sont irritants  et toxiques. Il est improbable qu’ils soient ramassés pour la consommation car ils sont généralement coriaces et ont souvent une odeur désagréable, en particulier, l’hellébore fétide. Leur usage médicinal a parfois provoqué de graves troubles cardiaques.
Composition : ces plantes renferment un hétéroside cardiotoxique (helléboroside), des saponosides (helléborine et helléboréine), des alcaloïdes et de la protoanémonine.
Propriétés médicinales : les hellébores étaient autrefois utilisés comme purgatif, émétique et vermifuge, voire comme remède contre la folie. Mais ces usages sont dangereux. L’extrait de racines était utilisé pour purger et calmer les fous d’où les vers célèbres de La Fontaine : « ma commère il vous faut purger avec 4 grains d’hellébore. » La graine correspondait en pharmacie à 0.05 g.



Une seconde plante toxique bien visible en hiver :

LE LIERRE.
Hedera hélix
Famille des cornacées

Noms populaires : bourreau des arbres, herbe à cors, herbe de saint Jean, joli bois, rampe des maisons.

Description : liane grimpante ligneuse, persistante, 30 m maximum, souvent moins, rampant parfois sur le sol.


Feuilles : coriaces, vert foncé brillant avec souvent des nervures plus pâles.
Feuilles des rameaux non florifères à 3-5 lobes, celles des rameaux florifères sont cordiformes à elliptiques.
Fleurs : 7-9 mm, vert jaunâtre à anthères jaunes, venant en petites ombelles assez serrées.
Floraison : septembre à octobre ;
Fruits : globuleux, 6-8 mm, d’abord verts puis marrons et enfin noirs en hiver.
Racines : les rameaux végétatifs s’accrochent aux supports par des racines crampons ;
Habitat : bois, haies, murs, vieux bâtiments souvent à l’ombre épaisse.
Composition : les feuilles contiennent des saponosides, de l’acide oléanolique, des flavonoïdes, des acides phénils ainsi que de l’émétine.
Les fruits renferment en outre de l’acide hédératannique et des résines.
Propriétés médicinales : le lierre est utilisé sous forme de spécialités  pharmaceutiques en allothérapie et en pharmacie dermo-cosmétique.
La tradition lui reconnaît une action anesthésique locale, un pouvoir emménagogue ; il serait antispasmodique, antitussif, expectorant et anti-inflammatoire.
Cette plante médicinale n’est pas dénuée de toxicité et ne s’utilise que sur avis de médecins spécialistes ou thérapeutes avertis.
Toxicité : la plante est allergisante ; elle peut produire des troubles cutanés par simple contact chez des individus sensibles. Risques certains à utiliser feuilles et rameaux à trop forte dose : risque d’hémolyse.
Les fruits sont à rejeter car ils provoquent des troubles digestifs, angoisse, céphalées, délire, hallucinations, convulsions dégénérant en coma.
Du lierre dans son jardin ???
Oui, car il offre le gîte et le couvert à de nombreux animaux, son épais feuillage leur servant également d’abri en hiver. Il pousse dans toutes les situations même très ombragées et peut être planté au bas d’un mur en béton qu’il camouflera rapidement.

C’est avec ces deux plantes toxiques de saison que nous terminons l’année 2016.
Je vous souhaite une excellente fin d’année et des projets plein la tête pour 2017…
Si vous savez où trouver la ciboulette sauvage, allez donc en cueillir pour parfumer et décorer vos petits plats de fêtes… Elle a déjà fait son apparition !

mardi 6 décembre 2016

PAS BONNES A CROQUER : Plantes toxiques le FUSAIN d'Europe et l' IF commun

LE FUSAIN D'EUROPE

LES TOXIQUES 2.
Lors de vos promenades  de fin d’année, vous ne pouvez pas ignorer le fusain dont les branches sont chargées de jolis fruits rouge orangé…L’arbuste semble décoré pour noël…

LE FUSAIN D’EUROPE.  Euonymus europeaeus
Famille des Celastracées
Bois carré, bonnet d’évêque, bonnet de prêtre, bonnet de cardinal.
Description : arbrisseau de 2 à 6 m, à feuilles opposées, remarquable par ses fruits.
Tiges : à rameaux opposés, lisses, verts et à 4 angles lorsqu’ils sont jeunes, gris ou brunâtres et arrondis plus tard. Les angles des jeunes tiges ornés de 4 crêtes liégeuses longitudinales justifient un des noms vulgaires du fusain : le bois carré.
Feuilles : opposées, simples, ovales, lancéolées, glabres, couvertes de courts poils en dessous, à bord finement denté et ont tendance à retomber mollement sur leurs rameaux, à nervures principales arquées et convergeant au sommet ;
Fleurs : petites, blanc verdâtres, à 4 pétales lancéolés très étalés et 4 étamines dressées, généralement groupées en petites grappes partant de l’aisselle des feuilles. Odeur peu agréable.
Floraison d’avril à juin.
Fruits : capsules à 4 angles en « bonnet d’évêque », roses à maturité en septembre octobre, renfermant 4 graines entourées d’un appendice charnu orangé vif.
Racines : il arrive que le fusain croisse au bord de l’eau : ses racines immergées doivent assimiler l’air dissout dans l’eau et pour y parvenir, elles se couvrent d’un grand nombre de lenticelles. Le fusain apprécie les sols calcaires.
Principaux caractères d’identification :
Arbuste de 2 à 6 mètres à jeunes rameaux verts, opposés, à feuilles opposées, fruits roses et orangés.
Autres espèces du genre en Europe : 3 dont 2 en France, dans les montagnes de l’est et du midi et en Suisse : le fusain à larges feuilles (euonymus latifolius scop) qui ressemble au fusain d’Europe, mais ses jeunes rameaux sont cylindriques et ses feuilles plus larges. Il est aussi considéré comme toxique.
Confusions possibles : aucune.
Toxicité : toutes les parties du fusain sont toxiques mais ce sont surtout les graines qui sont dangereuses. Elles se montrent irritantes, émétiques et purgatives et peuvent provoquer des troubles digestifs, nerveux et cardiaques parfois mortels. Une trentaine de graines pourraient constituer une dose létale.
Composition : les fruits et les graines renferment des hétérosides cardio toxiques (évonocides) dont l’action est proche de celle des substances toxiques de la digitale, ainsi que des alcaloïdes dont la théobromine, présente dans les graines de cacao.
Propriétés médicinales : les graines de fusain pulvérisées étaient autrefois employées en usage externe comme insecticide et parasiticide, en particulier contre les poux. Cette poudre était efficace mais très irritante pour le cuir chevelu si bien qu’on lui préfère des produits moins agressifs.
Détails techniques : les rameaux carbonisés dans une boite bien close fournissent les baguettes de bois utilisées par les dessinateurs sous le nom de fusain. Il donne un charbon très fin et d’un noir parfait ; le fusain permet des dessins d’une grande finesse. 

Remarque : on cultive fréquemment dans les jardins pour en faire des haies, une espèce voisine à feuilles panachées : c’est le fusain du Japon : euonymus japonicus.
Le fusain du Japon a des feuilles bicolores.... Je le considère aussi comme toxique, donc, prudence ! 

Le fusain est assez répandu car les graines ne sont pas toxiques pour les oiseaux et ils dispersent les graines dans leurs déjections; ces graines subissent une variation thermique dans le corps de l'oiseau et germent très facilement. 
Ceci explique cela... soyons bons pour les animaux, ils vous le rendront largement et gratuitement !

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Un autre arbre toxique facilement repérable en cette saison car il reste toujours vert :


L’IF COMMUN. Taxus baccata
                             Famille des taxacées

Description : arbre ou arbuste de 5 à 8 m, pouvant atteindre 20 m, à feuillage vert sombre sur lequel tranchent les arilles rouges ;
Tronc : dressé, couvert d’une écorce rougeâtre se détachant en plaques allongées.
Feuilles : en forme d’aiguilles, aplaties, terminées par une courte pointe, disposées de part et d’autre du rameau, molles, vert sombre et luisantes dessus, vert jaunâtres et mates en-dessous.
Fleurs : minuscules, dioïques, les mâles en chatons, les femelles isolées le long des rameaux ;
Floraison : de mars à mai.
Fruits : graines dures entourées d’un arille charnus et rouge à maturité, ouvert au sommet.
Principaux caractères d’identification : écorce, feuilles, arilles.

Culture : L’if est une essence d’origine montagnarde qui se rencontre très rarement à l’état spontané mais qui est abondamment utilisé pour l’ornementation des parcs et jardins en raison des tailles parfois fantaisistes qu’il peut supporter.
La croissance de l’if est extrêmement lente ; le tronc d’un individu vieux de plus de 2 siècles ne dépasse guère 20 cm de diamètre.
Il est planté comme haie ou arbre isolé ainsi que quelques espèces américaines et asiatiques.
Il affectionne les sols calcaires.
Autres espèces du genre : aucune en Europe.
Confusions possibles : avec le sapin (abies alba).
Sapin : bourgeons résineux, feuilles étalées sur 2 rangs opposés, aplaties, à bande blanche dessous ; ses fruits sont des cônes dressés.
If : les bourgeons sont non résineux, les feuilles aplaties, étalées sur 2 rangs opposés, d’un vert jaunâtre dessous, ses graines sont entourées d’un arille charnu rouge.
Toxicité : l’if engendre des troubles digestifs, nerveux, respiratoires et cardiovasculaires pouvant entraîner la mort. On l’employait autrefois pour empoisonner les pointes de flèches.
Composition : feuillage et graines contiennent plusieurs alcaloïdes, en particulier, de la taxine très toxique et un glucoside. Il suffit de quelques grammes de son feuillage pour faire périr un cheval, cet animal y étant particulièrement sensible. La taxine paralyse le système nerveux et ses effets narcotiques sont analogues à ceux de la morphine et tout aussi pernicieux. 
Utilisations alimentaires : l’arille rouge charnu entourant la graine est dénué de toute toxicité et peut se manger comme une friandise. Il est d’un goût agréable, sucré et très mucilagineux, on peut donc le consommer en petites quantités, à condition d’en rejeter soigneusement la graine qui est très dangereuse et violemment toxique.
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Cet arbre peut atteindre des âges prodigieux et est en voie de disparition dans beaucoup de régions et est protégé.

La prochaine page du blog abordera encore une ou 2 plantes toxiques, faciles à repérer en cette saison…


Très bonnes fêtes patronales à tous et toutes et bonnes balades ! Attention, on chasse encore jusqu’à la fin du mois, prudence donc, respectez bien les avis affichés bien en vue à l’entrée des chemins et sentiers. 

jeudi 17 novembre 2016

PAS BONNES A CROQUER : Les plantes toxiques de saison HOUX et GUI

LES TOXIQUES 1.

LES PLANTES TOXIQUES : houx et gui.

Lors de vos balades automnales, vous pouvez observer des arbustes à baies comme le houx, le gui, le fusain, le cornouiller sanguin, l’if, le lierre, la symphorine….. Ces baies, très jolies, se regardent, se photographient mais ne se mangent pas car ce sont des espèces toxiques. Prenons le temps d’en savoir un peu plus !

1. LE HOUX.

Iles aquifolium
Famille des aquifoliacées
Appelé aussi bois franc, agriore, gréon, housson.

Description :
Arbuste ou petit arbre de 2 à 15 m, remarquable par son feuillage persistant, épineux et ses fruits rouges. On le rencontre en terrain humide et acide, dans les bois, les haies, les jardins, en terre siliceuse et fraîche.

Tronc : à écorce grise, lisse. L’écorce des jeunes rameaux est verte.

Feuilles : alternes, à court pétiole, persistantes, coriaces, ovales, gondolées, à dents épineuses ou entières à 1 seule épine terminale sur les pieds âgés, glabres, d’un vert foncé luisant dessus, plus pâles en dessous.

Fleurs : petites, blanches ou un peu rosées, à 4,5 pétales soudés à la base. Groupées sur de courts pédoncules, à l’aisselle des feuilles. Floraison : mai -juillet.

Fruits : drupes rouge vif, assez petits, globuleux, charnus, luisants, persistants.

Les houx sont dioïques, c'est-à-dire qu’il existe des houx mâles et des houx femelles. Seuls les arbustes femelles donnent une multitude de fruits à partir d’octobre et qui persistent une partie de l’hiver sur l’arbre.


Principaux caractères d’identification :
Feuilles épineuses, vert foncé, fruits rouges persistants en hiver.

Culture : le houx est fréquemment planté pour l’ornementation. Pour profiter de ses belles couleurs rouges, il faut s’assurer qu’un pied mâle est proche d’un pied femelle pour permettre la fructification.
Les grives et les merles sont friands de ces jolis fruits.

Autres espèces du genre en Europe : aucune.

Confusions possibles : aucune.

Toxicité : l’aspect toxique de cette plante est bien présent, même si elle est utilisée comme plante médicinale. A ne pas utiliser sans l’avis d’un spécialiste.

Les drupes provoquent des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales et surtout chez les enfants, une déshydratation. 
A forte dose, on peut craindre de la somnolence, de la torpeur puis des convulsions et un coma avec évolution mortelle. 
C’est donc un poison très répandu dans les maisons lors des fêtes de fin d’année puisque le houx est un élément de décoration à cette période du calendrier.
Les feuilles ne sont pas considérées comme toxiques mais il arrive que leur emploi abusif provoque des malaises.
Composition : les feuilles renferment un alcaloïde, la théobromine (également présente dans les graines de cacao), un glucoside amer (ilicoside), une substance colorante jaune (ilixantine) , du rutocide, de nombreux stérols, des acides phénols (acide caféique), des tanins et des acides gras saturés et insaturés.

Les drupes possèdent des anthocyanosides.
L’écorce qui a la même composition chimique que les feuilles, produit dans ses tissus une sécrétion visqueuse, la glu.

Propriétés médicinales : les feuilles sont parfois employées comme diurétique, expectorant, fébrifuge et antispasmodique. 
Pas d’automédication…un avis médical est indispensable !

Arbre sacré et bois précieux : chez les Celtes, le houx fait partie des sept arbres sacré du bosquet des druides. Arbre de lune, buissonnant, il éclaire les sous-bois de ses loupiotes rouges, allumées tout l’hiver. 
Son bois dense, à grains fins et de couleur très blanche est utilisé en sculpture, en marqueterie mais aussi pour les manches des ustensiles de cuisine. 
Lorsqu’il est peint, c’est un succédané de l’ébène.

Bois de houx= hollywood.

Holly (houx) en tant que fleur de BACH aide la personne quel que soit l’objet de son ressentiment à être moins en colère et à mieux s’entendre avec autrui. 
Le pharmacien peut vous conseiller, il connaît les fleurs de bach.

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2. LE GUI.
Viscum album
Famille des loranthacées
Appelé aussi vert de pommier, verquet, blondeau, gillon, bois de la sainte croix.
Description : sous arbrisseau hémiparasite de 20- 50 cm, glabre, bien connu.
Il vit en parasite sur divers arbres tels que les peupliers, les pommiers, les saules, plus rarement sur les conifères, les robiniers, les chênes.
Le gui épuise les arbres en en tirant la sève. 
Ce sont les oiseaux qui se nourrissent des fruits en hiver et disséminent les graines dans leurs déjections. 
Une graine germe sur une branche et très vite, un suçoir pénètre dans l’écorce jusqu’à l’aubier. 
Lorsque la boule est formée, l’arbre est parasité en profondeur.


Tiges : arrondies, articulées, divisées régulièrement en deux jusqu’au sommet de la plante.

Feuilles : opposées, allongées, rétrécies graduellement vers la base, épaisses, coriaces, d’un vert jaunâtre, à 5 – 6 nervures parallèles.

Fleurs : très petites, jaunâtres, à 4 lobes. Fleurs mâles et femelles séparées sur le même pied, réunies en petits groupes au sommet des rameaux et à l’aisselle des feuilles.
Floraison : mars –mai.

Fruits : baies globuleuses de la taille d’un petit pois, blanches, translucides, à pulpe très visqueuse.

Base de la plante : le gui possède des suçoirs profondément enfoncés dans le bois des branches de son hôte dont il utilise la sève brute.

Principaux caractères d’identification : habitat et aspect ; en plaine comme en montagne, toujours sur les branches des arbres.

Autres espèces du genre en Europe : aucune.

Toxicité : Les baies du gui ont provoqué des troubles digestifs et cardiovasculaires, occasionnellement mortels. Une dizaine de fruits se montreraient déjà très dangereuse. Par contre, les parties vertes de la plante sont peu toxiques.

Composition : les baies de gui renferment des saponines, des alcools résiniques et sont riches en viscotoxines. D’autres constituants peuvent exister en fonction des espèces parasitées.
Les feuilles renferment de la choline, un saponocide triterpénique, un alcool résinique, des flavonoïdes, des quinones, des lectines et de la viscotoxine.

Propriétés médicinales : les parties vertes sont hypotensives, vasodilatatrices, antispasmodiques, diurétiques et antitumorales. Les feuilles sont utilisées sous forme de spécialités pharmaceutiques en allothérapie et en homéothérapie .
Les baies intéressent surtout les toxicologues à cause de leur teneur en viscotoxine qui est un poison cardiaque et nerveux.
Les guis les plus toxiques sont ceux qui vivent aux dépens de l’aubépine, du robinier, du peuplier et du saule blanc.
Il est utilisé par l’industrie pharmaceutique et délivré sur prescription médicale car il est toxique pour le cœur à haute dose. Faire obligatoirement appel au médecin pour son emploi comme remède. 

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Décoration et symbolique :
Le gui est décoratif mais vu sa toxicité, prendre bien garde que les enfants n’ingèrent les baies.
Il est, encore aujourd’hui, accompagné d’actes symboliques datant des cérémonies et manifestations de l’époque des druides. Le gui très rare sur les chênes était sacré, autant que les arbres qui les portaient. Coupé avec précaution grâce à la serpe d’or, ce gui ne pouvait pas toucher le sol et était recueilli dans un linge. (Aujourd’hui encore, le gui du chêne est recherché). Le chêne était considéré comme un dieu et le gui comme l’âme du dieu.
Pour les fêtes de fin d’année, on passe en s’embrassant sous une branche de gui pour connaître le bonheur toute l’année. 

Evidemment il n'y a pas de recette de cuisine cette fois !

mardi 25 octobre 2016

LA BRUYERE

LA BRUYERE COMMUNE.
Calluna vulgaris
Famille des éricacées.
Appelées aussi brande, breuvée, grosse, bucane, béruée, péterolle ;
Description :
Sous-arbrisseau de 20 à 50 cm, à feuilles persistantes très petites et à fleurs en grelot.
TIGES : ligneuses, tordues, rameuses.
FEUILLES : minuscules, trigones, persistantes, serrées sur 4 rangs.
FLEURS : réunies en grappes au sommet des rameaux ; le calice à 4 sépales séparés, de teinte rose parfois blanche, simule une corolle : cette dernière à 4 pétales également séparés est 2 fois plus courte et donc cachée par cette corolle.
Floraison : de juin à septembre.
Récolte : les grappes fleuries en début d’épanouissement. (Juin, juillet)

FRUITS : petites capsules sèches.


Principaux caractères d’identification :
Les bruyères forment de belles touffes, été comme hiver car leur feuillage est persistant. Fleuries en été, elles sont butinées par de très nombreux insectes.
Elles poussent en terrains acides, landes, tourbières.
Autres espèces du genre : Plus de 500 espèces dans le monde.
En Belgique, 3 espèces sont observées : culluna vulgaris, la plus courante : landes, tourbières, bois clairs. Erica cinéréa : landes sèches, campine. Erica tétralix : campine, haute Ardenne, tourbières en voie d’assèchement.
Confusions possibles :
Bruyère calluna : fleurs pendantes en grappes rose, parfois blanches. Les feuilles sont très petites, opposées, en forme de petites écailles imbriquées.
La bruyère de genre ERICA possède des feuilles en forme de petites aiguilles verticillées par groupes de 3 à 4 et des fleurs roses en grappes terminales.
Les deux espèces sont non toxiques mais la caluna vulgaris est la plus utilisée. 

Utilisations diverses :
Quelques utilisations alimentaires : les fleurs agrémentent les salades vertes et salades de fruits. Cristallisées, elles sont du meilleur effet sur les glaces, sorbets et tartes. 

Retrouvez quelques recettes en suivant ce lien.

On peut en farcir poisson ou volailles, l’utiliser comme foin et y déposer la viande ou le poisson ; un parfum boisé se communique au plat pendant la cuisson. 
La bruyère sauvage est plus savoureuse que les bruyères cultivées.
La plante est très mellifère, le miel très apprécié sert à la fabrication d’un excellent pain d’épices.
La plante est utilisée en phytothérapie.
Dans la Drôme, les plants de bruyère servent de support aux vers à soie pour tisser leurs cocons.
La décoction de fleurs sert de teinture pour les tissus ; sa teinte est brune avec l’adjonction d’alun et noire avec du sulfate de fer.
On emploie aussi la bruyère pour la fabrication de balais.
La terre de bruyère est formée par la décomposition de ce végétal et utilisée par les jardiniers pour acidifier le sol.

Propriétés médicinales et composition :
Les sommités fleuries de la bruyère sont un diurétique puissant et un bon antiseptique des voies urinaires. Elles sont astringentes et anti diarrhéiques. Elles doivent être utilisées en cures discontinues. 
C’est aussi un bon remède pour éliminer les excès d’acide urique, un détoxifiant et elles rééquilibrent la flore intestinale.
Composition : Présence chez la callune d’hétéroside phénolique, de tanins, de quinone, d’acide ursolique, de dérivés de flavanédiol, d’acides phénols, de coumarines, d’acides glicosique, malique et citrique.
C’est la bruyère commune (calluna vulgaris), espèce abondante et la bruyère cendrée qui sont les plus utilisées.

REMERCIEMENTS :
Quelle superbe balade, ce samedi 22 octobre. Nous avons clôturé en beauté les sorties découvertes de cette année 2016. Le soleil était encore de la partie et c’était très agréable.

Merci à vous tous qui avez participé à cette dernière balade.
Merci pour votre intérêt porté à la nature, votre ouverture d’esprit, votre curiosité, votre enthousiasme, votre bonne humeur et votre partage !!!

Nous nous sommes régalés de potage à la châtaigne, salade de saison à la vinaigrette de clémentines, quiches chicons et noix, croquants aux cenelles et autres. Excellent moment de partage, de bonne humeur et d’échanges !!
C’est tellement motivant de vous recevoir !!

Nous reprendrons nos sorties après une petite hibernation.

Des projets pour occuper l’hiver, il y en a : le blog sera toujours alimenté régulièrement ; nous aborderons quelques plantes toxiques et j’indiquerai également la riche bibliographie que j’utilise pour construire mes articles.

Si l’un ou l’autre sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me faire quelques suggestions. 


Encore un immense merci à vous tous.