lundi 24 avril 2017

LES CHENOPODES.

1. LE CHÉNOPODE BLANC : chenopodium album

Noms communs : ansérine blanche, épinard sauvage, chou gras, chou farineux, blé blanc, herbe aux vendanges ;
FAMILLE : chénopodiacées.

Description : mauvaise herbe annuelle de 20 cm à 1m, très prolifique et souvent envahissante.


Son milieu : pelouses, prairies sèches, bords de chemins, potager, décombres.
Tiges : dressées, très rameuses, striées dans leur longueur de bandes alternativement blanchâtres et vertes.
Feuilles : alternes, pétiolées, les inférieures et les moyennes plus ou moins en forme de patte d’oie (d’où le nom de la plante, du grec "chên" qui signifie oie et "podium" signifiant patte), aiguës au sommet. Les feuilles supérieures sont plus allongées, souvent entières, toutes un peu charnues, vert foncé au-dessus et blanchâtres en dessous, recouvertes d’une couche farineuse ; au lavage, cette farine se dépose sur les parois du récipient.
Fleurs : très petites, verdâtres, formant une grappe étirée au sommet de la tige.
Floraison : juillet à octobre.
Fruits : membraneux et nombreux ; ils renferment une graine noire luisante, d’un peu plus d’un millimètre de diamètre.
Partie souterraine : racine principale robuste et, avec le temps, difficile à arracher.
Principaux caractères d’identification : l’habitat (jardins, décombres), la forme des feuilles et la couche farineuse au revers des feuilles.
Autres espèces du genre en Europe : 22 dont 17 en France, 13 en Suisse et 11 en Belgique dont le chénopode Bon Henri décrit plus loin.
Confusions possibles : avec d’autres chénopodes ou des arroches. Ces confusions seraient sans danger car toutes ces plantes peuvent être consommées.
Utilisations alimentaires : les feuilles du chénopode blanc possèdent, crues ou cuites, une saveur délicate rappelant, en plus fin, celle de l’épinard qui appartient à la même famille. C’est une très bonne plante de base pour la salade et un excellent légume cuit tout simplement à la vapeur pour mieux en conserver le goût. Tout ce qui se prépare avec des épinards peut se préparer avec cette plante à la saveur délicate.
Composition : le chénopode blanc est très riche en protéines complètes, en vitamines A et C, et en calcium. Il renferme aussi des vitamines B, du phosphore, du fer, des saponines et de l’acide oxalique.
Propriétés médicinales : la plante est sédative et rafraîchissante, légèrement laxative et très nutritive.
Toxicité : tout comme chez l’épinard, les oxalates solubles des chénopodes se montrent irritants et il faudra éviter de les consommer en excès. On peut aussi les faire cuire dans plusieurs eaux. Les malades rénaux, hépatiques, arthritiques ou lithiasiques, ainsi que les goutteux s’en méfieront. Il en est de même pour tous les chénopodes.

Remarque : on vend, depuis quelques années dans le commerce, les graines de quinoa (chenopodium quinoa), un cousin de notre plante, originaire des Andes, qui était l’une des céréales les plus importantes des Incas. Avant que l’on ne mette au point des variétés sans saponines, il était nécessaire de cuire ces graines dans deux eaux.

2. LE CHÉNOPODE BON HENRI
Plante montagnarde appelée épinard sauvage, abondante en altitude, même élevée où elle forme des touffes conséquentes. De longs épis élevés permettent de la repérer.
Description : touffe de grandes feuilles hastées, deux oreillettes dirigées vers le bas, d’un beau vert foncé, la face inférieure est couverte de poudre farineuse.

Tiges : dressées, souples, et peu rameuses ;
Fleurs : petites, verdâtres, en épis, leur couleur vire au rouge, au brun ;
Fruits : contenant une graine brune ;
Souche : épaisse
Confusions possibles : aucune quand les épis floraux sont développés. L’importance de la touffe et la bonne tenue des feuilles permettent de le distinguer des autres chénopodes et de l’arroche. La confusion serait sans danger car tous sont comestibles.
Récolte : de juin à septembre. Cueillir seulement quelques pousses sur chaque plante afin de la préserver.
En cuisine : les feuilles se préparent comme celles des épinards. Les jeunes feuilles se mangent crues en salades ou en omelette. Les feuilles plus âgées sont blanchies puis préparées en purée ou en gratin. Les inflorescences jeunes seront cuites à la vapeur ou pongées dans uns pâte à beignets épaisse.
Composition, propriétés et toxicité sont semblables pour les divers chénopodes.

Vous trouverez quelques recettes de cuisine en suivant ce lien.

mercredi 5 avril 2017

PAS BONNES A CROQUER ! L’ARUM ET LA CHELIDOINE: deux plantes toxiques de saison.

L’ARUM TACHETE. Arum maculatum
          Gouet, pied de veau, gouet maculé
          Famille des aracées

Habitat : forêts alluviales et à humus doux, haies, plante nitrophile.
Description : plante vivace de 25-40 cm, glabre, remarquable par son feuillage, sa floraison et ses fruits.


Feuilles : partant toutes de la base de la plante, longuement pétiolées, engainantes à la base, à limbe en forme de fer de flèche à 2 oreillettes triangulaires écartées, aiguës au sommet, luisantes, vertes, parfois maculées de brun, caoutchouteuses au toucher.
Fleurs : minuscules, les mâles et les femelles disposées séparément en deux groupes denses, l’un au-dessus de l’autre, à la base de la tige (spadice) renflée au sommet en une massue rouge violacé et entourée d’une large feuille enroulée en cornet appelée spathe, d’un vert jaunâtre parfois violacé ; l’inflorescence termine la tige unique partant du centre des feuilles.
Floraison : avril, mai.
Fruits : baies d’abord vertes puis rouges luisantes à maturité, globuleuses, réunies en un épi compact au sommet de la tige.
Spadice, spathe puis feuilles se fanent après la floraison.
Partie souterraine : tige souterraine courte, épaissie en un gros tubercule oblong. Ce rhizome bulbeux porte les racines et les bourgeons qui donneront des tiges à la saison prochaine dès les premiers jours de printemps.
Principaux caractères d’identification : feuilles luisantes, en fer de flèche, toucher caoutchouteux, aspect de l’inflorescence, épi compact de fruits rouges au sommet de la tige.
Culture : l’arum est cultivé comme plante ornementale. Sous les tropiques poussent des espèces souvent géantes et d’aspect diabolique.
Autres espèces du genre en Europe : 7 dont 3 en France, 1 en Suisse et 1 en Belgique. L’arum d’Italie (arum italicum) se rencontre dans le midi, l’ouest et le centre de la France.
Tous les arums sont toxiques.
Confusions possibles : Il arrive que l’on confonde l’arum et le chénopode bon-henri ou épinard sauvage qui est un excellent comestible, mais les feuilles de ce dernier sont couvertes en-dessous, d’une poussière farineuse caractéristique qui devrait éviter la confusion. Nous aborderons cette plante très bientôt.
Les baies rouges ne peuvent être confondues avec aucun comestible mais elles sont tentantes pour les enfants.
Toxicité : Les différentes espèces d’arum sont extrêmement irritantes et rubéfiantes. Le contact de leur suc avec les muqueuses ou les yeux est dangereux.
L’ingestion d’une partie de la plante peut provoquer un œdème de la gorge pouvant entraîner la mort par asphyxie. En général, leur saveur âcre qui se manifeste très rapidement empêchera d’en goûter plus qu’une bouchée.
Par contre, les fruits, d’un beau rouge corail à maturité sont un peu sucrés et se montrent attirants pour les enfants. Or, ils sont très irritants et produisent des troubles digestifs, nerveux et cardiaques parfois mortels.
Composition : les arums renferment de minuscules raphides d’oxalate de calcium, extrêmement irritant ainsi qu’une essence âcre.
Les fruits sont très riches en saponines responsable de leur toxicité. Les animaux eux-mêmes ne les consomment pas.

Utilisations : on s’est servi, autrefois, de la fécule des rhizomes pour amidonner le linge et on dit que dans les temps de grande famine, on a consommé les rhizomes après les avoir fait dégorger à l’eau courante et bouillis longuement dans plusieurs eaux pour diminuer leur âcreté et en extraire une abondante fécule.

LA CHELIDOINE. Chélidonium majus
         Grande éclaire, herbe-aux verrues, éclaire, herbe-à cors.
          Famille des papavéracées.
Habitat : Plante rudérale, décombres, vieux murs.
Description : feuillage découpé, à odeur assez désagréable et dont toutes les parties laissent s’écouler à la cassure un suc jaune ou orangé caractéristique.


Tige : dressée, rameuse, fragile, velue.
Feuilles : alternes, amples, molles, composées de 5-7 segments ovales bordés de lobes arrondis, d’un vert glauque en-dessous.
Fleurs : petites, enveloppées de 2 sépales tombant à la floraison, à 4 pétales jaunes, rapidement caducs et à étamines nombreuses, réunies en ombelles simples, lâches, à pédoncules inégaux.
Floraison : avril à octobre.
Fruits : longues capsules linéaires (3-4 cm de long), glabres, bosselées par les graines qui sont rangées sur une membrane centrale.
Principaux caractères d’identification : habitat, latex jaune, feuillage ample et découpé, fleurs à 4 pétales jaunes.
Autres espèces du genre en Europe : aucune.
Toxicité : le latex jaune de la plante est irritant, en particulier pour les muqueuses. L’ingestion des feuilles fraîches a parfois produit de graves troubles digestifs, nerveux et cardiaques. La racine serait particulièrement toxique.      
Composition : la plante contient plusieurs alcaloïdes (chélidonine, sanguinarine, chélérytrine, berbérine, protopine…)
Propriétés médicinales : la chélidoine a été utilisée comme antispasmodique, analgésique, diurétique et cholérétique. On l’utilise encore couramment en application sur les verrues.
Elle a aussi été utilisée pour soigner les troubles de la vue : la chélidoine porte d’ailleurs le nom d’éclaire, de grande éclaire à cause de ses propriétés ophtalmiques.
Pour tout ce qui est médical, consulter des spécialistes qui prescriront des remèdes adéquats.
PAS D’AUTO-MEDICATION.
Il n’y a donc aucune recette à proposer car je tiens à vous retrouver toujours plus nombreux. 

dimanche 19 mars 2017

PAS BONNES A CROQUER : LES RENONCULES ET LES RENONCULACEES.

PLANTES TOXIQUES.

La famille des renonculacées est une grande famille de plantes herbacées vivaces, voire grimpantes ligneuses.
Feuilles : alternes, opposées parfois, surtout à la base des tiges, simples à pennées ou palmées avec des lobes.
Fleurs : hermaphrodites (fleurs mâles et femelles sur une même fleur), souvent grandes et remarquables. En général, 5 sépales souvent pétaloïdes (ressemblant à un pétale), 5 pétales ou plus, parfois absents ou réduits à des petits nectaires (organe floral glanduleux sécrétant le nectar).
Fleurs à éperon ou non, étamines très nombreuses.
Fruits : akènes ou follicule (fruit sec s’ouvrant à maturité), rarement une baie.
Autres espèces du genre en Europe : 1750 espèces différentes.

Nous en avons observé quelques unes lors de notre balade du 11 mars; je vous en rappelle quelques unes :

1. Hellébore fétide et hellébore cultivée décorative : Les feuilles sont palmées, vert foncé, à lobes simples et dentés.
Les fleurs penchées, en clochettes (vertes pour la fétide, blanches, roses ou bordeaux pour les cultivars).
Les fruits se composent de 3 follicules.



2.  Anémone sylvie : anémone sylvestris : anémone sauvage, vivace, duveteuse.
Ses feuilles sont palmées, à lobes ovales, dentés, découpés jusqu’au milieu.
Fleurs blanches, grandes, solitaires ou groupées par 2, érigées, avec 5 pétales larges et ovales.
Certaines variétés sont cultivées, telle la variété « apennina » que vous avez pu observer dans mon jardin : nombreux pétales bleus et étamines nombreuses et dorées.
3.  La ficaire dont nous avons déjà parlé dans ce blog (voir catalogue des plantes). C’est la seule qui est comestible jeune et en petite quantité.
Dans vos jardins, vous pouvez aussi avoir de nombreuses variétés de renonculacées cultivées comme plantes d’ornements ; je vous en cite quelques unes :
Les clématites grimpantes et ligneuses
Les aconits ou casque de Jupiter
Les nigelles (nigelle de Damas)
Les anémones pulsatillas
Les delphiniums ou pied-d’alouette
Les ancolies ;
Quant aux renoncules, il en existe quelques 300 espèces réparties dans le monde entier. De nombreuses espèces sont difficiles à distinguer malgré les détails typiques dans la forme des feuilles, sépales et fruits qui favorisent la reconnaissance.

Quelques renoncules très courantes dans nos régions :
1. Renoncule des champs : ranunculus arvensis
Feuilles inférieures simples et feuilles supérieures à 3 segments lobés et dentés.
Fleurs jaunes verdâtre pâle 4-12 mm, sépales tournés vers le bas
Fruits : akènes grands et épineux.




2. Renoncule âcre : ranunculus acris
Souvent duveteuse. Feuilles basales profondément divisées en 3-7 segments étroits ; feuilles supérieures semblables mais plus petites.
Fleurs jaune doré, 15-25 mm, à sépales érigés.
Akènes à bec fourchu en têtes arrondies.





3. Renoncule aquatique : ranunculus aquatilis
Feuilles flottantes ou submergées
Fleurs blanches (bien visibles sur la Semois en juin, juillet)
Fruits pédonculés.
Se développe sur les eaux dormantes ou peu courantes.





4. Renoncule bulbeuse :   ranunculus bulbosus
Tige à base renflée comme celle d’une corme.
Feuilles basales à 3 segments dentés et lobés.
Fleurs 2-3 cm, jaune vif avec sépales tournés vers le bas.
Fruits : akènes à têtes arrondies.
Pousse sur sol acide.

Je pourrais encore vous en citer d’autres mais CE QU’IL FAUT SAVOIR :
Toxicité : toutes les renoncules sont irritantes et toxiques à des degrés divers.
Composition : toutes les espèces renferment en quantité variable un hétéroside de lactone, le rununculoside, libérant par hydrolyse une substance vésicante, la protoanémonine qui disparaît au séchage. Elles contiennent aussi des saponocides.
Si on porte une tige ou une feuille à la bouche, on peut s’attendre à une irritation des muqueuses de la bouche et de l’œsophage.
Par frottement sur la peau, le suc provoque des rougeurs et des tuméfactions, au niveau des yeux, on note une conjonctivite et des larmoiements.

Attention donc aux enfants : le bouton d’or, c’est joli, ils ont parfois envie de le cueillir !
Il est donc important, lors de vos cueillettes sauvages (orties, pissenlits, plantain, oseille) de bien trier vos récoltes pour éliminer les feuilles de renonculacées qui s’y seraient glissées.

A FORTE DOSE, on peut noter des convulsions, des troubles respiratoires et cardio-vasculaires (hypotension, syncopes) pouvant évoluer vers la mort.

Utilisations alimentaires :
Seules les feuilles de la ficaire sont potentiellement comestibles.
La base renflée de la renoncule bulbeuse peut également se manger après trempage et cuisson. Idem pour les renflements des racines de ficaires. Leur saveur n’est pas désagréable et elles sont nutritives.

Aucune recette à partager sauf le velouté de ficaires que vous retrouvez déjà : les recettes de marraine Bobette> Ficaire


lundi 6 mars 2017

LA BOURRACHE

LA BOURRACHE     Borago officinalis
                               Famille des borraginacées.
                               Noms communs : boursette, langue de vache, langue de bœuf, bourse-à-berger, langue rude, herbe à la suée.

La bourrache a été introduite chez nous au début du Moyen-âge par les arabes du sud de l’Espagne. Avec un peu de chance, nous pourrons la trouver dans les lieux incultes et près des dépotoirs, ceci est probablement dû au fait qu’une fois installée dans le jardin, elle devient assez envahissante et les jardiniers jetaient le surplus là où on les trouve maintenant.
Au jardin, cette plante est une très belle étoile bleue qui attire les abeilles.

Un petit dicton populaire ; « un jardin sans bourrache est comme un cœur sans courage.» Alors, si elle n’a pas encore envahi votre jardin, vous savez ce qui vous reste à faire !

Description : plante annuelle de 15-60 cm, couverte dans toutes ses parties de poils blanchâtres raides, voir piquants.
Tige : épaisse et rameuse.
Feuilles : alternes, un peu charnues, ondulées, feuilles de la base plus grandes, longuement pétiolées, à limbe ovale obtus au sommet. Feuilles supérieures sessiles, embrasant la tige par leur base, d’un vert mat.
Fleurs : assez grandes, portées par un long pédoncule velu, en forme d’étoile, à 5 pétales aigus, d’un bleu intense (rarement blanches ou pourprées), rosées lorsqu’elles s’épanouissent. Les pétales sont soudés à la base en un tube très court.
Anthères et étamines rapprochées les unes des autres, formant au centre de la fleur un cône saillant caractéristique. Fleurs groupées au sommet des tiges.
Floraison : avril-octobre.
Fruits : composés de 4 akènes bruns ou noirâtres, obtus au sommet, sillonnés et couverts de petits tubercules.
Partie souterraine : racine principale très développée, épaisse.
Principaux caractères d’identification : aspect et habitat (décombres), poils blanchâtres raides presque piquants couvrant toute la plante, fleurs bleues en étoile.
Culture : la bourrache est plantée pour l’ornementation ou pour ses vertus médicinales. En Amérique, elle est cultivée en grand pour ses qualités mellifères.
Autres espèces du genre en Europe : 2 espèces endémiques en Corse, Sardaigne et à Capri ;
Confusions possibles : avec d’autres plantes de la même famille qui sont également comestibles.
Utilisations alimentaires : la bourrache possède une saveur particulière qui rappelle à certains le concombre, à d’autres les huitres (surtout les fleurs). Les toutes jeunes feuilles crues sont de bonnes additions aux salades ou aux potages. Il est préférable de les hacher pour qu’elles ne piquent plus. Plus âgées, elles forment un excellent légume encore populaire dans le sud de l’Europe où elles sont farcies à la façon des feuilles de vigne ou cuites en beignets. On les conservait parfois au vinaigre pour s’en servir comme condiment. Les fleurs sont utilisées pour parfumer salades et boissons ; macérées dans du vin, elles étaient censées rendre joyeux ceux qui le buvaient.
La bourrache était autrefois très largement cultivée comme plante alimentaire, condimentaire et médicinale.

Vous trouverez quelques recettes en cliquant ici.

Composition : la plante contient des mucilages, du tanin, du nitrate de potassium, des saponines, de la vitamine A et une huile essentielle.
Ses graines renferment une huile riche en acide gamma-linolénique.
Propriétés médicinales : toute la plante est adoucissante, émolliente et expectorante grâce à son mucilage. Elle est également diurétique et diaphorétique du fait du nitrate de potassium qu’elle contient.
Autres usages : la bourrache est une excellente plante mellifère qui fournit un nectar abondant.

vendredi 17 février 2017

LA CAPUCINE

LA CAPUCINE       Tropaeolum majus
FAMILLE : TROPEOLACEES
NOMS COMMUNS : cresson du Pérou, cresson des Indes, cresson du Mexique, fleur d’amour, grande capucine.
Cette plante est cultivée dans beaucoup de jardins mais elle n’apparaît pas dans la flore d’Europe occidentale : elle est originaire d’Amérique tropicale et ne se retrouve pas à l’état sauvage dans nos contrées. C’est cependant une plante aux vertus multiples.
DESCRIPTION : plante herbacée à croissance très rapide, pouvant être grimpante.
Feuilles : à pétiole central ; elles sont dites peltées ;
Fleurs : jaunes, orangées ou rouges, irrégulières, munies d’un éperon bien développé.

Fruits : ronds, assez gros, de la grosseur d’un petit pois, marqué de 3 sillons peu profonds.

Principaux caractères d’identification : feuilles et fleurs caractéristiques.
Culture :  la capucine pousse facilement dans les jardins et les pucerons  ainsi que quelques chenilles l’adorent. Elle préfère le plein soleil mais supporte aussi la mi-ombre. C’est une des premières fleurs semée par les enfants car les graines sont grosses et poussent rapidement. Elle s’installe au jardin et se ressème à foison.
Côté arrosage, l’eau fait plus pousser les feuilles que les fleurs ; peu d’eau, une terre même pauvre, pas d’engrais, c’est la plante idéale !

Utilisations alimentaires : les feuilles au goût de cresson prononcé et les fleurs sont utilisées crues, ciselées dans les salades, taboulés, sandwichs, fromages frais, beurres maniés. Vous pouvez en faire un pesto succulent. (recette à la rubrique ail des ours.)
Cuites, les feuilles sont dégustées dans les sauces, soupes, gratins de légumes, terrines de verdure où elles apporteront une note poivrée.
La fleur de capucine est à la fois sucrée et poivrée. Il est possible de la cristalliser au sucre pour décorer des pâtisseries ou de la faire cuire en beignets.
Les fleurs sont mises à mariner dans du vinaigre de cidre et donnent un surprenant vinaigre orange fluo, presque sucré ; il aromatise les sauces au fromage blanc ou à la crème fraîche ainsi que toutes les salades. 
Les boutons floraux et les fruits s’utilisent comme câpres en les faisant macérer dans du vinaigre.
Voyez quelques autres recettes en cliquant ici.

Composition : feuilles et sommités fleuries sécrètent une huile essentielle renfermant un hétéroside sulfuré.
On peut noter en outre la présence de vit. C, d’une substance antibiotique, de flavonoïdes et de lipides (acides érucique, linoléique et linolénique, gondoïque.)

Propriétés médicinales :
La capucine est expectorante, elle fluidifie les sécrétions bronchiques ? D’autre part, c’est un tonique du cuir chevelu et l’isothiocyanate de benzine qu’elle contient possède une action anti fongique vis-à-vis des teignes.
On lui reconnaît également des propriétés antiscorbutiques, vésicantes et emménagogues ;
Cette plante est utilisée sous forme de spécialités pharmaceutiques en allothérapie et en pharmacie dermocosmétique.

CONSEILS  JARDINAGE.
Vu la quantité de pucerons qui l’envahit, la capucine est un garde- manger pour les oiseaux.
Elle est traditionnellement plantée près des arbres fruitiers et des plants de tomates qu’elle protège de quelques maladies.
Elle affine aussi la saveur des radis et s’entend bien avec les courges et les citrouilles.
Cette jolie fleur a un effet répulsif contre les mouches blanches (aleurodes.) Semez la donc près des tomates, choux, carottes, pommes de terre et haricots.
Infusion contre les maladies cryptogamiques :
1 kilo de feuilles de capucines
5 litres d’eau
Faire chauffer l’eau et lorsqu’elle bout, y jeter les feuilles de capucines. Couvrir, arrêter le feu et laisser infuser 15 minutes puis filtrer.
Utiliser cette infusion pulvérisée sur les arbres fruitiers pour lutter contre les chancres.

CONSEILS BIEN-ÊTRE ET BEAUTÉ.
1. Lotion tonifiante pour les cheveux ;
3 poignées de feuilles fleurs et graines de capucines ;
½ litre d’eau de vie
Faire macérer les fleurs, feuilles et graines dans l’eau de vie durant une quinzaine de jours.
Filtrer et frictionner le cuir chevelu tous les jours. Cette lotion tonifie les cheveux trop fins ou clairsemés et a des vertus antichute.
Cette lotion se conserve 10 à 15 jours. Il est préférable d’en préparer de petites quantités.

2. Masque purifiant pour peaux grasses ou à problèmes ;
15 feuilles de capucines
2 c à s d’argile jaune
100 ml d’eau de source ou déminéralisée.
1 c à c de miel

Porter l’eau à ébullition et y faire infuser les feuilles durant 20 minutes.
Mélanger l’argile, le miel et un peu d’infusion pour obtenir une pâte souple mais non liquide.
Appliquer sur le visage en évitant le contour des yeux et laisser agir 20 minutes.
Enlever le plus gros de ce masque avec un gant humide puis terminer avec le reste de la lotion.
Appliquer ensuite une crème de jour.

Voilà encore une plante très facile à cultiver et très intéressante dans plusieurs domaines… 
Il faudra encore un peu de patience pour la voir fleurir dans nos jardins : ses fleurs s’épanouissent de juin aux gelées.

mardi 31 janvier 2017

LE TILLEUL

Durant l’hiver, l’envie vous prend peut-être de siroter une bonne tisane ? Avez-vous pensé au tilleul ? Le connaissez-vous ? Abordons donc cet arbre et découvrons ses richesses.
TILLEUL : Tilia x vulgaris  Tilleul vulgaire (ou commun)
Famille des tiliacées.
Description : bel arbre pouvant atteindre plus de 30 mètres, à floraison délicieusement parfumée, couronné d’une tête ovale ou arrondie, très touffue.

Tronc : écorce d’abord lisse, puis profondément sillonnée, gris brun foncé.
Feuilles : alternes, pétiolées, en forme de cœur renversé, aiguës au sommet, dentées en scie sur les bords, munies de petites touffes de poils aux aisselles des nervures sur la face inférieure, vert foncé au-dessus, plus claires en-dessous.
Fleurs : assez petites, blanc jaunâtre, munies de 5 sépales, 5 pétales et de nombreuses étamines. Réunies par 5-7 en une petite grappe à l’extrémité d’un pédoncule soudé sur une grande partie de sa longueur à une bractée membraneuse.
Floraison : juin, juillet.

Fruits : globuleux, velus, à 5 côtes légèrement saillantes, renfermant une graine oléagineuse.
Principaux caractères d’identification : forme des feuilles et fleurs odorantes. Il se plaît dans les jardins, les parcs et au bord des routes.
Culture : différentes espèces de tilleul sont plantées pour l’ornementation dont le tilleul commun.
Autres espèces du genre en Europe : 6 dont 2 en France, Suisse et Belgique : le tilleul à petites feuilles (tilia cordata) et le tilleul à grandes feuilles (tilia platiphyllos). Le tilleul vulgaire décrit ici est un hybride entre ces 2 espèces. Il est plus vigoureux et plus résistant à la sécheresse que ses parents.
Confusions possibles : entre les différents tilleuls est sans danger car toutes les espèces s’utilisent de la même manière. Les feuilles de tilleul vulgaire et du tilleul à petites feuilles sont cependant meilleures que celle du tilleul à grandes feuilles.
Les feuilles du noisetier ressemblent un peu à celles du tilleul : elles ne sont pas toxiques mais sont astringentes.
Utilisations alimentaires :
Les très jeunes feuilles sont tendres, mucilagineuses et agréables au goût ; elles peuvent servir de base de salade. Lorsqu’elles sont cuites, par contre, leur texture mucilagineuse n’est pas appréciée de tous mais elles peuvent épaissir les soupes. On peut sécher les feuilles développées, en retirer les nervures puis les pulvériser au moulin à café pour en préparer une poudre verte. Mélangée à de la farine, elle sert à faire du pain ou des galettes savoureuses et riches en nutriments. Les fleurs de tilleul sont célèbres pour leurs propriétés médicinales mais leur parfum permet d’aromatiser salades de fruits, desserts et boissons.
La graine des fruits, oléagineuse, peut être grignotée telle quelle. Elle a servi au XVIIIe siècle à préparer un étrange succédané du chocolat.
L’aubier, c’est-à-dire la partie du tronc ou des branches comprises entre le bois et l’écorce est également utilisé en tant que draineur naturel.
Comme d'habitude, je vous invite à trouver quelques recettes à base de tilleul ICI.

Composition : les feuilles sont riches en protéines, mucilage, vitamine c et en sels minéraux.
Les fleurs renferment une huile essentielle, du mucilage, du tanin, des hétérosides et diverses substances.
Les graines sont riches en huile grasse.
Propriétés médicinales :
Les feuilles sont émollientes.
En infusion légère, les fleurs sont sédatives, antispasmodiques et diaphorétiques. Elles favorisent la circulation du sang. Cependant, à dose élevée ou à un temps d’infusion trop long, la tisane est excitante et peut provoquer des insomnies.
L’aubier est reconnu comme diurétique, cholérétique, hypotenseur et antispasmodique. Pour le tilleul comme pour les autres plantes, la nature du sol est très importante et les produits les plus actifs proviennent des tilleuls sauvage du Roussillon. Son utilisation a détruit de nombreux arbres sauvages dans cette région.
Le tilleul donne un miel très agréable et renommé.
Autres usages : Le bois de tilleul est très apprécié des ébénistes car il se travaille très bien. Il a servi à confectionner des touches de pianos et d’orgues.
Pour sculpter des marionnettes, c’est un bois intéressant car il se travaille dans tous les sens, son odeur très agréable mais parfois discrète se situe entre l'érable et le saule.
Quelques anecdotes : le nom grec du tilleul est le même que celui de la mère du centaure CHIRON (PHYLIRA, amoureuse de CHRONOS) qui apprit l’art de guérir aux dieux.
Le tilleul est considéré comme arbre civique et lors de la révolution française, en 1792, 60000 pieds de tilleuls appelés « arbres de la liberté » sont plantés dans l’Hexagone. Partout, en bordure des marchés, dans les cimetières se dressent les tilleuls.
Il abonde le long des lieux de pèlerinages consacrés à la vierge Marie et dans les cours municipales, c’est également sous cet arbre (outre le chêne) que jadis, on rendait la justice.


La neige a fondu et si les températures sont clémentes, nous allons bientôt penser à une première sortie 2017 ! La date vous sera communiquée lors du prochain bulletin plante.

 A bientôt et courage, l’hiver diminue et les jours allongent. 

samedi 14 janvier 2017

LES SAUGES

Première plante pour 2017 :
LES SAUGES.
A.      Sauge officinale : salvia officinalis
                                 Famille des lamiacées
Appellations communes : petite sauge, sauge franche, thé de France, thé de Grèce, thé de Provence.
Caractères d’identification : plante herbacée, commune le long des haies, des talus et des bois en friches, sous-arbrisseau aux feuilles relativement petites et très odorantes, spontanée sur les coteaux arides de la région méditerranéenne.

Feuilles : pétiolées, lancéolées, rugueuses, persistantes, opposées, glabres, à peine dentées.
Fleurs : bleu violacé, bilabiées, bractées apparentes, disposées en bouquets tout au long de la hampe florale à partir de son tiers supérieur. Comme les autres sauges, elle ne possède que 2 étamines. Floraison : mai à août.
Fruits : formés de 4 akènes ovoïdes.
Partie souterraine : souche développée.
Récolte : les sommités fleuries en été et les feuilles à la fin du printemps (mai, juin).
Culture : si on la rencontre à l’état sauvage sur les pentes et les herbages de Provence et en bordure des chemins, elle est cultivée au potager et aime la terre légère et sèche et une bonne exposition en plein soleil.
Composition : la sauge officinale est riche en huile essentielle que l’on extrait par distillation. Les feuilles renferme des tanins, de la vitamine PP et entre autres substances, un œstrogène.
Propriétés médicinales : la sauge officinale est stimulante, stomachique, antisudorale, antiseptique, emménagogue et astringente. Cette plante est utilisée sous forme de spécialités pharmaceutiques en allothérapie, en homéopathie et en pharmacie dermocosmétologique.
Toxicité : l’huile essentielle de sauge peut provoquer des troubles nerveux. Prise en excès sur une longue période, les infusions seraient nocives. La sauge ne doit pas être utilisée en cures continues. Il faut l’éviter en cas de grossesse et d’allaitement. Elle est contre indiquée en cas d’insuffisance rénale et d’instabilité neuro-végétative.
Utilisations alimentaires : les fleurs sont utilisées pour décorer les salades et autres plats. Les feuilles aromatisent viandes et légumes et des tisanes digestives.
Fleurs et feuilles accompagnent les plats cuisinés. On en obtient d’excellentes boissons : vins, eaux de sauge, infusions et liqueurs.
Autres usages : l’huile essentielle extraite par distillation de la sauge sarclée est utilisée en parfumerie : c’est un excellent fixateur pour la fabrication de parfums.
Au jardin, planter la sauge parmi les choux protégera ces derniers des papillons blancs du chou.
Les fleurs séchées et réduites en poudre peuvent être saupoudrées entre les plants. La sauge masque aussi les odeurs de la carotte et éloigne la mouche du légume.
Infusion contre les maladies cryptogamiques : 500 g de sauge fraîche et 5 litres d’eau.
Jeter la sauge dans l’eau bouillante et laisser frémir 20 minutes. Éteindre le feu et couvrir. Laisser refroidir puis filtrer. A utiliser pur sur poireaux, choux et carottes.

Quelques petits trucs bien être et santé :

1. Lotion purifiante pour les peaux grasses : 1 grosse poignée de sauge séchée et 250 ml d’eau de source ou déminéralisée.
Mettre la sauge dans l’eau bouillante et laisser infuser 15 minutes. Filtrer. Utiliser sur la peau matin et soir. Cette infusion se conserve 5 à 6 jours au réfrigérateur.
2. Lotion stimulante pour la croissance des cheveux : ½ poignée de feuilles de sauge séchée et ¼ de vodka ou de rhum. Faire macérer le tout pendant 10 jours puis filtrer. Masser ensuite le cuir chevelu avec cette lotion assainissante. (recette non testée personnellement)
3. Problème de transpiration des pieds ? Glisser 3 ou 4 feuilles de sauge dans chaque chaussure pour réguler la transpiration et assainir les chaussures et les pieds.
4. Enfin, si vous souffrez de maux de tête, tressez une couronne de sauge et portez la sur la tête… les mauvaises humeurs devraient s’envoler… A vous d’essayer !!

B.   La sauge des prés.    Salvia pratensis
Description : plante vivace 30 80 cm, très commune, à grandes fleurs bleu foncé.

Tige : dressée, quadrangulaire, simple ou un peu rameuse.
Feuilles : grandes, presque toutes à la base, ridées, munies d’un pétiole, de contour largement ovale, doublement crénelées, d’un vert foncé mat.
Fleurs : grandes, 2, 3 cm, à corolle bleue, formées de 2 lèvres écartées, style bifide dépassant nettement la lèvre supérieure courbée en faux.
Floraison : mai- juillet.
Fruits : formés de 4 akènes ovoïdes bruns.
Partie souterraine : souche développée.

Autres espèces du genre en Europe : 35 dont 11 en France, 4 en Suisse et en Belgique.
Certaines espèces sont des sous- arbrisseaux aux feuilles petites et très odorantes, utilisées comme condiment : il s’agit surtout de la sauge officinale décrite plus haut.
La plupart des sauges herbacées ne sont pas aromatiques sauf leurs inflorescences.
La sauge sarclée possède des feuilles et surtout des inflorescences rougeâtres visqueuses qui dégagent un parfum puissant.
Deux variétés observées en Belgique :
- La sauge des prés qui affectionne les pelouses et prairies sèches et calcicoles. Elle présente les mêmes actions que la sauge officinale mais à un moindre degré.
- La sauge verticillée (salvia verticillata) 25 à 60 cm, fleurs violettes à pourpre, lèvre supérieure plus ou moins droite, pousse  sur sites rudéralisés et dégage une odeur plutôt fétide.

Confusions possibles : avec d’autres sauges herbacées. Une confusion serait sans danger car leur usage n’est pas toxique. 

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